Frise chronologique
XIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIe siècle (≈ 1150)
Château fort bâti sur ordre des vicomtes de Limoges.
26 mars 1199
Mort de Richard Cœur de Lion
Mort de Richard Cœur de Lion
26 mars 1199 (≈ 1199)
Blessé par un carreau d’arbalète pendant le siège.
1592
Siège pendant les guerres de Religion
Siège pendant les guerres de Religion
1592 (≈ 1592)
Prise par les catholiques après bombardement.
XIXe siècle
Restauration par le comte de Châlus
Restauration par le comte de Châlus
XIXe siècle (≈ 1865)
Travaux incluant la tour et l’installation de religieuses.
25 mars 1981
Classement aux monuments historiques
Classement aux monuments historiques
25 mars 1981 (≈ 1981)
Protection du donjon et des façades anciennes.
1999
Cérémonies du 8e centenaire
Cérémonies du 8e centenaire
1999 (≈ 1999)
Comémoration avec la reine d’Angleterre et Chirac.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le donjon et la tour d'angle en totalité ; les façades et les toitures de l'ancien corps de logis attenant à la tour (cad. AB 46) : classement par arrêté du 25 mars 1981 ; Les façades et les toitures du corps de logis du 17s (cad. AB 46) : inscription par arrêté du 25 mars 1981
Personnages clés
| Richard Cœur de Lion - Roi d’Angleterre (1189–1199) |
Mortellement blessé lors du siège de 1199. |
| Pierre Basile - Chevalier défenseur du château |
A tiré le carreau d’arbalète fatal à Richard. |
| Mercadier - Chef de guerre aquitain |
Menait le siège pour Richard en 1199. |
| Adémar V de Limoges - Vicomte de Limoges |
Propriétaire du château pendant la révolte de 1199. |
| Comte de Bourbon-Châlus - Propriétaire jusqu’en 1995 |
Famille ayant conservé le château pendant des siècles. |
| Bertrand Heyraud - Ancien propriétaire (1995–2008) |
Entreprit une restauration majeure du château. |
Origine et histoire
Le château de Châlus-Chabrol, édifié au XIe siècle et restauré aux XIIIe et XVIIe siècles, se dresse sur un promontoire rocheux dominant le bourg de Châlus, en Haute-Vienne. Il fut construit pour contrôler l’itinéraire Limoges-Périgord, détournant la voie historique passant par Lastours afin d’éviter les seigneurs locaux. Son positionnement stratégique en fit un maillon clé d’une ligne de 15 châteaux forts protégeant l’accès sud de Limoges, entre Périgord et Limousin.
En mars 1199, le château est assiégé par les troupes de Mercadier, chef de guerre au service de Richard Cœur de Lion, venu réprimer la révolte d’Adémar V de Limoges. Lors du siège, Richard est atteint par un carreau d’arbalète tiré par Pierre Basile depuis le donjon. Blessé, il décède le 6 avril 1199 des suites de sa blessure infectée. Les 38 habitants réfugiés dans la tour se rendent après sa mort. Ce siège marque un tournant dans l’histoire anglo-française et confère au château une notoriété durable.
Au XVIe siècle, le château passe aux mains des protestants pendant les guerres de Religion. En 1592, il est assiégé par les catholiques menés par le gouverneur Chamberet et le comte de Bourbon de Busset, qui s’en emparent après un bombardement. Démantelé pendant la Révolution, il est restauré au XIXe siècle par le comte de Châlus, puis par Bertrand Heyraud dans les années 1990. En 1999, des cérémonies commémorent le 800e anniversaire de la mort de Richard, en présence de la reine d’Angleterre et du président Chirac.
Architecturalement, le château comprend un donjon du XIe siècle, un corps de logis du XIIIe, et des éléments du XVIIe comme une chapelle et un puits. Le donjon, accessible par une porte située à sept mètres du sol, abrite une salle voûtée en sous-sol et des étages partiellement arasés au XIXe siècle. La chapelle castrale, devenue église paroissiale, conserve les entrailles de Richard, comme il l’avait exigé. Le site, classé et inscrit aux monuments historiques depuis 1981, attire pour son patrimoine médiéval et son rôle dans l’histoire européenne.
Les propriétaires successifs incluent les vicomtes de Limoges, les Maulmont, Philippe le Bel, les Albret, et les Bourbon-Busset, qui le conservèrent jusqu’en 1995. Aujourd’hui, le château appartient à Jacques Vigneras depuis 2019. Sa restauration permanente et son lien avec la littérature (comme dans Celui qui revenait de loin de Philippe Ebly) en font un symbole culturel et historique de la Nouvelle-Aquitaine.