Frise chronologique
XIIIe siècle
Fondation initiale
Fondation initiale
XIIIe siècle (≈ 1350)
Remplace un manoir plus ancien
XVIe siècle
Construction du château
Construction du château
XVIe siècle (≈ 1650)
Période de construction initiale
1868-1870
Restauration Viollet-le-Duc
Restauration Viollet-le-Duc
1868-1870 (≈ 1869)
Partie nord et pavillon oriental reconstruits
vers 1885
Agrandissements majeurs
Agrandissements majeurs
vers 1885 (≈ 1885)
Donjon, logis sud et chapelle modifiés
1892-1895
Décors intérieurs Gelis-Didot
Décors intérieurs Gelis-Didot
1892-1895 (≈ 1894)
Peintures et styles néo-historiques
5 octobre 1992
Inscription Monument Historique
Inscription Monument Historique
5 octobre 1992 (≈ 1992)
Protection du château et dépendances
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château, y compris la ferme et les bâtiments d'entrée (cad. A 50) : inscription par arrêté du 5 octobre 1992
Personnages clés
| Viollet-le-Duc - Architecte restaurateur |
Supervise les travaux du XIXe siècle |
| Edmond Duthoit - Maître d'œuvre collaborateur |
Participe à la restauration (1868-1870) |
| Gelis-Didot - Architecte décorateur |
Dirige les aménagements intérieurs (1892-1895) |
Origine et histoire
Le château de Chamousset trouve ses origines au XIIIe siècle, lorsque sa fondation remplace un manoir plus ancien. Bien que les premières traces architecturales datent de cette époque, c’est au XVIe siècle que le château prend sa forme initiale, avant de subir des transformations majeures à la fin du XIXe siècle. Ce site, classé Monument Historique, incarne ainsi près de sept siècles d’histoire, mêlant héritage médiéval et interventions modernes.
La restauration du XIXe siècle marque un tournant pour Chamousset, avec l’intervention de figures majeures comme Viollet-le-Duc et son collaborateur Edmond Duthoit. Entre 1868 et 1870, les travaux débutent par la démolition et la reconstruction de la partie nord du château, ainsi que du pavillon oriental. Ces modifications s’inscrivent dans un mouvement plus large de redécouverte du patrimoine médiéval, typique de l’époque.
Vers 1885, une seconde phase de travaux agrandit le domaine : construction d’un nouveau donjon, d’un corps de logis sud, d’une tour au-dessus de la chapelle, et des bâtiments d’exploitation. Ces ajouts reflètent l’ambition d’une grande famille de l’aristocratie ou de la bourgeoisie industrielle, soucieuse de moderniser tout en préservant un style historique. L’architecture néo-médiévale et néo-Renaissance domine, comme en témoignent les décors intérieurs ultérieurs.
De 1892 à 1895, l’architecte Gelis-Didot supervise les travaux intérieurs, dont les peintures et les aménagements des pièces emblématiques. La salle à manger, de style néo-médiéval, arbore des plafonds à poutres, des frises peintes et des boiseries travaillées. La chambre du roi, quant à elle, adopte un style néo-Renaissance, tandis que la chambre du capitaine des gardes surprend avec une cheminée néo-mauresque. Ces choix décoratifs illustrent l’éclectisme en vogue chez les élites de la fin du XIXe siècle.
Le château, inscrit aux Monuments Historiques depuis 1992, comprend également une ferme et des bâtiments d’entrée, protégés par cet arrêté. Son histoire architecturale, marquée par des strates successives, en fait un témoignage rare des évolutions des goûts et des techniques, du Moyen Âge à la Troisième République. Aujourd’hui, il reste un symbole du patrimoine rhônalpin, entre mémoire médiévale et réinvention romantique.