Origine et histoire du Château de Chanteloup
Le château de Chanteloup, situé dans les hauteurs d’Amboise (Indre-et-Loire), fut initialement construit au début du XVIIIe siècle pour Jean Bouteroue d’Aubigny, proche de la princesse des Ursins. Ce manoir en forme de « U », accompagné d’une orangerie et de jardins à la française, fut décoré par Henri de Favanne. À sa mort en 1732, le domaine passa à sa fille Adélaïde Jeanne, épouse du marquis d’Armentières, avant d’être vendu en 1761.
En 1761, le duc de Choiseul, ministre de Louis XV, acquiert Chanteloup et en fait une résidence fastueuse, rivalisant avec Versailles. L’architecte Louis-Denis Le Camus agrandit le château, ajoute des dépendances monumentales, et aménage un parc paysager avec des perspectives forestières. Disgracié en 1770, Choiseul y vit en exil jusqu’en 1774, recevant une cour européenne. Il y érige la pagode de Chanteloup (1775-1778), symbole de reconnaissance envers ses visiteurs, et transforme les jardins en un style anglo-chinois.
Après la mort de Choiseul en 1785, le domaine est vendu au duc de Penthièvre, puis confisqué pendant la Révolution. En 1798, il est acquis par Jean-Antoine Chaptal, ministre de Napoléon, qui tente d’y développer une exploitation sucrière. Endetté, son fils vend le château en 1823 à des démolisseurs de la « Bande noire », qui le rasent en huit semaines. Seuls subsistent la pagode, classée monument historique, et quelques pavillons.
La pagode, haute de 44 mètres et ornée de sept étages en retrait, symbolise l’amitié et la franc-maçonnerie par ses sept allées convergentes et son globe doré. Restaurée au début du XXe siècle par la famille André, elle domine un miroir d’eau en demi-lune et un parc boisé. Aujourd’hui, le pavillon du Concierge abrite un musée retraçant l’histoire du domaine à travers des plans, des tableaux et une reconstitution 3D.
Le mobilier dispersé du château, comme des chaises estampillées Jacob ou des bergères Foliot, se trouve dans des collections privées (Waddesdon Manor) ou des musées (Victoria and Albert, Tours). Des éléments architecturaux, tels que des vases ou des sphinges, ornent désormais d’autres châteaux de Touraine. Le site, classé en 1996, témoigne de l’âge d’or des résidences aristocratiques de la vallée de la Loire.