Origine et histoire du Château de Chantemille
Le château de Chantemille, situé à Ahun dans la Creuse (Nouvelle-Aquitaine), est une maison forte construite dans la seconde moitié du XVe siècle, vers 1470, par Louis du Puy, sénéchal de la Marche. Il remplace une fortification plus ancienne datant de la fin du Xe ou du début du XIe siècle, contrôlant le passage stratégique de la rivière Creuse. Le site appartenait initialement aux chevaliers de Chantemille, puis passa par alliances successives aux familles La Chapelle Taillefer, Le Fort des Ternes, Pierrebuffière, et à Guillaume de Besse, neveu du pape Grégoire XI.
L’édifice actuel se compose d’un corps de logis rectangulaire flanqué de deux tours circulaires et d’une tour quadrangulaire abritant un escalier en vis. Une aile en retour d’équerre, ajoutée au début du XVIe siècle, s’appuie sur une troisième tour circulaire plus ancienne. L’entrée, marquée par une porte cochère autrefois protégée par un pont-levis, était ceinturée de fossés à l’ouest et au nord. Une chapelle, plusieurs fois reconstruite (notamment en 1618) puis ruinée à la fin du XVIIIe siècle, occupait l’angle nord-est de la plateforme, offrant une vue sur la Creuse.
Le château resta dans la famille du Puy pendant cinq générations avant de passer, par mariage au XVIe siècle, à Louis Chasteigner de La Rocheposay, gouverneur de la Marche. Vendu en 1609 à la famille Mérigot de Sainte Feyre, il fut conservé par cette dernière jusqu’au milieu du XIXe siècle. Inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis le 28 mars 2000, le site protège aujourd’hui ses façades, toitures, tours, ainsi que les sols et le mur de soutènement de l’ancienne chapelle.
Architecturalement, le château de Chantemille incarne les caractéristiques des maisons fortes de la Marche, mêlant fonctions défensives (fossés, tours, pont-levis) et résidentielles. Son histoire reflète les dynamiques seigneuriales locales, marquées par des transmissions familiales et des alliances stratégiques, dans une région frontalière entre Limousin et Berry. La terrasse actuelle, vestige des substructures de la chapelle, surplombe toujours la vallée de la Creuse.