Origine et histoire du Château de Charles-Le-Téméraire
Le château de Charles-le-Téméraire, aussi appelé château de Charolles, est un ancien château fort dont les origines remontent au XIIIe siècle, bien que ses structures actuelles datent principalement des XIVe et XVe siècles. Situé sur un éperon calcaire dominant le confluent de l’Arconce et de la Semence, il contrôlait les passages fluviaux et servait de centre à l’une des six châtellenies du comté de Charolais. Son histoire est indissociable de celle de la ville, développée entre l’église Saint-Nizier et le château, jusqu’au rattachement du Charolais à la France en 1761.
Entre 1310 et 1317, Jean de Clermont, comte de Charolais, reconstruit le château et y ajoute neuf tours. Au XVe siècle, Marguerite de Bavière (veuve de Jean sans Peur) et Philippe le Bon renforcent la forteresse : des fausses-braies, des boulevards, et une tour des Archives (1471–1474), dite du Téméraire, sont édifiés pour résister à l’artillerie. Le château abrite alors des pièces d’artillerie et des arbalètes, symbolisant son rôle militaire clé.
Après le traité de Senlis (1493), qui rattache le Charolais aux Habsbourg, le château est abandonné et tombe en ruine. Au XVIe siècle, il sert de prison, mais son état se dégrade : le logis brûle en 1694, la grosse tour s’effondre en 1705, et un plan de 1763 montre des jardins occupant une partie de ses ruines. En 1771, Louis XV vend les vestiges (sauf la tour des Archives) à Pierre-François Bernigaud de Cerrecy, qui construit un nouveau logis. À la Révolution, il ne reste que deux tours.
L’enceinte hémicirculaire, partiellement visible, comprend une tour-porche (accès sud), une tour des Diamants (parement en bossages) et la tour des Archives, haute de cinq niveaux avec des archères-canonnières. Une chapelle Saint-Pierre occupait autrefois la cour centrale, remplacée aujourd’hui par un jardin public. Le château, propriété de la commune depuis 1867, abrite désormais l’Hôtel de Ville. Seule la tour est classée Monument Historique depuis 1926.
Une description de 1358 évoque un château doté de deux portes ferrées avec pont-levis, un grenier, des celliers, un puits, des prisons, et des chambres (dont celle du Bailli ou du Comte). Parmi les tours citées figurent la Grosse tour, la tour du Colombier, ou la tour Boussue (prisons). La chapelle Sainte-Catherine, l’auditoire du bailli et des étables complétaient l’ensemble, reflétant son rôle à la fois défensif, résidentiel et administratif.