Origine et histoire du Château de Chasselas
Le château de Chasselas, implanté sur les pentes de la commune éponyme en Saône-et-Loire, se distingue par son architecture organisée autour d’une cour rectangulaire. Datant partiellement du XVIe siècle pour son corps de logis est, il intègre aussi des éléments des XIVe et XVIIIe siècles, comme le logis principal sud. Trois tours en poivrières, couvertes de tuiles vernissées, encadrent la cour, tandis qu’une quatrième tour marque l’angle du potager. Ce domaine viticole de 12 hectares, toujours actif, abrite un caveau de dégustation accessible toute l’année.
L’histoire du château est marquée par une succession de familles nobles et de transactions tumultueuses. Dès le XIIIe siècle, la terre appartient aux Chasselas, puis passe aux du Roux au XVe siècle. Judith du Roux, dernière héritière, épouse successivement Lyonnet de Challes – un huguenot exécuté pour banditisme – et Philibert de Bellecombe. Leur descendance conserve le domaine jusqu’en 1706, malgré des drames comme la peste (1629) ou un assassinat (1654). Le château, vendu à plusieurs reprises au XVIIIe siècle en raison de dettes, est partiellement pillé en 1789.
Au XXe siècle, le château, à l’abandon, est racheté en 1971 par M. Reme et son épouse, qui entreprennent une restauration complète. Depuis 1979, il est inscrit aux Monuments Historiques pour ses façades, toitures et tours. Aujourd’hui propriété d’une société civile agricole, il allie patrimoine architectural et activité viticole, perpétuant une tradition remontant à plusieurs siècles.
Les seigneurs successifs, comme Guillaume de Chasselas (1325) ou Laurent de La Fond de La Rolle (1756), reflètent l’importance stratégique et sociale du lieu. Les armes de la famille Cellard d’Estours, propriétaires en 1774, ornent d’ailleurs une des tours. Le château illustre ainsi l’évolution des élites locales, entre noblesse terrienne et bourgeoisie montante, dans un contexte viticole majeur pour la Bourgogne.
L’architecture du château mêle fonctions résidentielles, agricoles et défensives. Le logis du XVIIIe siècle, avec ses ailes en retour d’équerre, contraste avec les tours médiévales, symboles de pouvoir. Les communs, reliés aux tours par des bâtiments agricoles, soulignent l’autonomie économique du domaine. Cette dualité entre prestige et utilité caractérise les châteaux viticoles bourguignons, souvent au cœur de vastes exploitations.
Classé Monument Historique pour ses éléments extérieurs (façades, toitures, tours), le château de Chasselas reste un témoignage vivant de l’histoire régionale. Son caveau de dégustation et ses espaces ouverts au public en font un lieu à la fois patrimonial et dynamique, ancré dans le paysage viticole de Saône-et-Loire.