Origine et histoire du Château de Château-Larcher
Le château de Château-Larcher, situé dans le département de la Vienne en Nouvelle-Aquitaine, est un vestige médiéval dominant le village du même nom. Ses origines remontent au IXe siècle, où un premier castrum (place forte carolingienne) est mentionné sous le nom Castrum Acardi en 976, incluant une tour, une chapelle et un moulin. Ce site stratégique permettait de contrôler la haute vallée du Clain et les routes vers Angoulême et Bordeaux. La forteresse fut successivement détenue par des seigneurs locaux, puis confisquée par Saint Louis au XIIIe siècle après la révolte d’Hugues X de Lusignan, allié des Anglais. Rasé en représailles, le château fut reconstruit avant d’être endommagé pendant la guerre de Cent Ans (occupé par les Anglais de 1300 à 1372) et les guerres de Religion (détruit deux fois par les protestants).
Au XVIe siècle, les Rochechouart de Mortemart en héritent (1504-1686) et le restaurent partiellement, mais le château est progressivement abandonné au XVIIe siècle, servant même de carrière de pierres pendant la Révolution. Aujourd’hui, il ne reste que des ruines classées ou inscrites aux Monuments Historiques : le castelet d’entrée avec ses deux tours (XIVe siècle, classées en 1912), un donjon pentagonal (XIIIe siècle) et des douves intérieures. Le site abrite désormais l’office de tourisme et est un symbole du patrimoine défensif poitevin, marqué par des siècles de conflits et de reconstructions.
Le château s’inscrit dans un paysage historique plus large, incluant des dolmens néolithiques (vers -3500 av. J.-C.) sur le plateau de Thorus, une lanterne des morts du XIIIe siècle, et une église romane (Notre-Dame-et-Saint-Cyprien, XIIe siècle) intégrée aux fortifications. Ces éléments témoignent d’une occupation humaine continue depuis le IVe millénaire av. J.-C., avec des traces gallo-romaines (autel du IIe siècle à Baptresse) et médiévales. La commune, labellisée « Petite Cité de Caractère », valorise ce patrimoine à travers des événements comme la fête médiévale annuelle, attirant des milliers de visiteurs.
Architecturalement, le château illustre l’évolution des techniques défensives : le donjon, construit sur un éperon rocheux, dominait les alentours, tandis que le castelet, doté d’une herse et d’un pont-levis (aujourd’hui remplacé par un pont dormant), protégeait l’entrée. Les tours, couronnées de créneaux, et les douves (comblées ultérieurement) reflètent les adaptations aux conflits, notamment contre les Anglais et les protestants. Les fouilles et restaurations récentes (comme celles des vitraux de la chapelle de Baptresse en 2013) préservent ce patrimoine, tout en révélant son rôle central dans l’histoire locale, entre pouvoir seigneurial, religion et vie communautaire.
La toponomie de Château-Larcher, fixée au XVIIe siècle après 18 variations (comme Chastel-Acherd ou Le Rocher en 1789), reflète son histoire mouvementée. Le village, organisé en forme de « Y » autour du château, conserve aussi des hameaux historiques (Baptresse, Thorus) et des édifices religieux remarquables, comme la lanterne des morts (XIIIe siècle, classée en 1840) ou l’ancienne église paroissiale transformée en écurie. Ces éléments, combinés aux risques naturels (inondations de la Clouère) et aux activités agricoles traditionnelles (élevage, céréales), dessinent l’identité d’une commune rurale où patrimoine et mémoire collective restent vivaces.