Patrimoine classé
Donjon du XIIe siècle : inscription par arrêté du 12 octobre 1942 ; Le château et ses dépendances (à l'exception de son annexe Ouest) , mais y compris la porte du XVIIe siècle remontée dans cette annexe (cad. AD 19, 26, 28, 29) : inscription par arrêté du 16 septembre 1949 ; Les éléments suivants du château, tels que délimités en rouge sur le plan annexé à l'arrêté : l'enceinte du château à savoir l'ensemble des murs de soutènement et des remparts maçonnés ainsi que le fossé attenant à l'est et au nord incluant l'escarpe et la contre-escarpe ; la terrasse et les ruines de l'aile nord du logis comprenant l'ancienne chapelle (permettant ainsi une protection de l'ancien logis seigneurial en totalité) ; la chemise du donjon et la motte castrale ; l'ensemble des sols situés à l'intérieur de l'enceinte ; le pont dormant. L'ensemble étant situé sur les parcelles n° 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 42, 43 et 44 de la section AD du cadastre : inscription par arrêté du 27 février 2024
Personnages clés
| Thibaut IV de Blois - Comte de Blois |
Constructeur du donjon vers 1140. |
| Sibylle de Château-Renault - Héritière du château |
Épouse Thibaut V de Blois (XIIe). |
| Charles de Gondi - Général des galères |
Propriétaire en 1588 par mariage. |
| François-Louis de Rousselet - Maréchal de France |
Marquis en 1704, père d’Emmanuel. |
| Jean-Baptiste d’Estaing - Amiral-comte |
Dernier propriétaire noble avant 1794. |
| Jean Calmon - Député et conseiller d’État |
Propriétaire au XIXe siècle. |
Origine et histoire du Château de Château-Renault
Le château de Château-Renault est un ancien château fort dont les origines remontent au début du XIe siècle, sur une motte castrale dominant la vallée de la Brenne. La première forteresse, probablement édifiée par les Château-Gontier (famille pro-angevine comme Renaud Ier et ses descendants), fut incendiée avant 1140. Thibaut IV de Blois y érige alors un donjon cylindrique sur motte, entouré d’une enceinte maçonnée de 170 m sur 90 m. Le site, stratégique entre Blois et l’Anjou, passe aux comtes de Blois par le mariage de Sibylle de Château-Renault avec Thibaut V, puis à la couronne via les ducs d’Orléans au XIVe siècle.
Au XVIIe siècle, le château est profondément remanié par les marquis de Château-Renault, notamment les familles Gondi puis Rousselet. Charles de Gondi (fils du maréchal Albert de Gondi) et son épouse Antoinette d’Orléans-Longueville en héritent en 1588, avant que les Rousselet — dont le maréchal François-Louis — n’y établissent leur marquisat en 1620. Le logis seigneurial, partiellement détruit par un incendie en 1407, est reconstruit et embelli : une porte du XVIIe siècle, aujourd’hui remontée, en témoigne. La terrasse nord, bordée de communs et d’un pavillon, accueille aussi les ruines d’une ancienne chapelle.
Le château, classé Monument Historique par étapes (donjon en 1942, enceinte et dépendances en 1949 et 2024), illustre l’évolution architecturale des forteresses médiévales en résidence aristocratique. Son enceinte, ses remparts, et sa motte castrale — protégés en 2024 — révèlent des vestiges rares, comme la chemise du donjon ou les sols archéologiques. Après la Révolution, le domaine passe aux Calmon (XXe siècle), descendants des Rousselet par alliance, marquant la fin de son rôle politique mais préservant son patrimoine.
L’histoire du château est aussi celle des conflits féodaux : les Château-Gontier, destitués en 1044 pour leur rattachement aux Blois, cèdent la place aux comtes de Blois puis aux ducs d’Orléans-Longueville. La baronnie (1525) devient marquisat en 1620, reflétant l’ascension sociale de ses propriétaires. Les incendies (1140, 1407) et les reconstructions successives soulignent son importance stratégique, entre Touraine et Anjou, jusqu’à son acquisition par la commune.
Aujourd’hui, le château de Château-Renault se visite partiellement, offrant un panorama sur la ville et la vallée. Ses éléments protégés — donjon roman, enceinte médiévale, logis Renaissance — en font un témoin majeur de l’architecture militaire et seigneuriale en Centre-Val de Loire. Les fouilles et protections récentes (2024) visent à préserver ce site, classé parmi les monuments historiques d’Indre-et-Loire.