Frise chronologique
1411
Première mention écrite
Première mention écrite
1411 (≈ 1411)
Document attestant la seigneurie de Châtelard.
1591
Fin de la branche aînée du Gua
Fin de la branche aînée du Gua
1591 (≈ 1591)
Mort d’Antoine du Gua, transmission à sa sœur.
1683
Décès de Marie-Diane Joubert
Décès de Marie-Diane Joubert
1683 (≈ 1683)
Gouvernante des enfants de Louis XIV.
1753
Vente à Louis Daulnis
Vente à Louis Daulnis
1753 (≈ 1753)
Changement de propriétaire local.
1929
Restauration par Michel Bridet
Restauration par Michel Bridet
1929 (≈ 1929)
Campagne corrective des excès antérieurs.
1948
Restauration post-Seconde Guerre mondiale
Restauration post-Seconde Guerre mondiale
1948 (≈ 1948)
Effacement des traces militaires.
2001
Classement monument historique
Classement monument historique
2001 (≈ 2001)
Protection des façades et toitures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures du logis, la tour d'escalier du logis et sa tourelle en encorbellement attenante, en totalité (cad. C 546) : inscription par arrêté du 19 septembre 2001
Personnages clés
| Perrinet de Chailly - Premier seigneur connu |
Propriétaire de Châtelard vers 1411. |
| Pierre du Gua (1558–1628) - Figure de la branche cadette |
Né à Royan, lié à la famille seigneuriale. |
| Marie-Diane Joubert (1625–1683) - Gouvernante royale |
Épouse de René de Voyer de Paulmy. |
| Françoise Thérèse de Voyer - Maîtresse de Louis XIV |
Fille de Marie-Diane Joubert. |
| Michel Bridet (1892–1955) - Architecte restaurateur |
Dirige les travaux en 1929. |
| Emile Rouyer-Guillet (1896–1957) - Propriétaire et maire |
Commanditaire de la restauration de 1929. |
Origine et histoire
Le château de Chatelars, situé à Meursac en Charente-Maritime, trouve ses origines dans un document de 1411 évoquant la terre de Châtelard, détenue dès 1360 par les seigneurs vassaux de Cozes. Perrinet de Chailly, premier seigneur connu, transmet le domaine à la famille du Gua en 1411. Cette lignée conserve Châtelard pendant près de deux siècles, se divisant en deux branches : l’aînée reste sur place, tandis que la cadette s’installe à Royan, où naît Pierre du Gua (1558–1628), figure notable. Le château passe ensuite par alliances successives aux Montgaillard, puis aux Joubert de Chaillonnay au début du XVIIe siècle.
Au milieu du XVIIe siècle, Châtelard entre dans la famille Voyer de Paulmy via le mariage de Marie-Diane Joubert avec René de Voyer, conseiller d’État. Le domaine, désormais géré comme un bien de rapport, est peu entretenu. Marie-Diane, gouvernante des enfants naturels de Louis XIV et de Madame de Montespan, meurt à Versailles en 1683. Sa fille, Françoise Thérèse de Voyer, brève maîtresse de Louis XIV, illustre l’ascension sociale de la famille. Le château revient ensuite à sa sœur Angélique, épouse de l’ambassadeur Michel-Antoine Tambonneau, avant de subir des successions complexes aboutissant à sa vente en 1753 à Louis Daulnis, seigneur local.
Le XIXe siècle marque un tournant avec l’acquisition du château par l’abbé Jean-Baptiste Bigot en 1810, suivi de l’abbé Pohu, qui le revend en 1885 à Marguerite-Thérèse Montaury. Cette dernière lance la première campagne de restauration, corrigée en 1929 par l’architecte Michel Bridet pour le compte d’Emile Rouyer-Guillet, héritier d’une dynastie de négociants en eaux-de-vie. Une ultime restauration en 1948 efface les traces des occupations militaires allemandes et françaises pendant la Seconde Guerre mondiale. Classé monument historique en 2001, le château incarne aujourd’hui un patrimoine architectural préservé, témoin des mutations sociales et politiques de la Saintonge.
Architecturalement, Chatelars est un exemple typique des petits châteaux de la première Renaissance, mêlant des éléments médiévaux comme une tour d’escalier en vis hors-d’œuvre et une voûte d’ogives, à des ouvertures larges à croisillons. Le logis rectangulaire, couvert d’une haute toiture, est flanqué d’une tour polygonale et de lucarnes pendantes ornées. Ces caractéristiques, couplées à son histoire mouvementée, en font un monument emblématique de la Charente-Maritime, reflétant les influences à la fois locales et nationales sur son évolution.