Origine et histoire du Château de Châtillon-d'Azergues
Le château de Châtillon-d'Azergues est un ancien château fort dont les origines remontent au XIIe siècle, avec des transformations majeures aux XIIIe et XVe siècles. Situé sur un escarpement naturel à Châtillon (département du Rhône), il était un point stratégique convoité, comme en témoigne sa cession en 1173 par le comte de Forez à l'archevêque de Lyon. Au XIIIe siècle, il passe aux mains des familles d'Oingt puis d'Albon, avant d'être reconstruit entre 1418 et 1464 par Jean Jossard, puis aménagé par Geoffray de Balsac, qui y ajoute des éléments défensifs et une chapelle agrandie.
La forteresse, partiellement détruite, conserve des vestiges remarquables : un donjon cylindrique du XIIIe siècle (18,5 m de haut), des logis des XIe–XVIe siècles, et une chapelle Saint-Barthélémy classée dès 1862. Cette chapelle, ancienne castrale, abrite des œuvres du XIXe siècle (peintures de Flandrin, sculptures de Fabisch) et la tombe de Geoffray de Balsac. Le château, utilisé comme carrière au XIXe siècle, est restauré entre 1934 et 1960 après son classement en 1937. Son architecture mêle frises lombardes romanes, fenêtres à meneaux gothiques, et systèmes défensifs (fossé, bretèche, échauguette).
L’histoire du château est marquée par des conflits familiaux, comme la guerre entre Henri et Guillaume d'Albon au XVe siècle, et des alliances stratégiques, telle celle de Jeanne d'Albon avec Rauffet II de Balsac en 1453. Les Balsac y apposent leurs armes et transforment les lieux en résidence seigneuriale, ajoutant des cheminées monumentales et des peintures murales. Au XVIIe siècle, le château perd son rôle militaire et devient une baronnie. Au XIXe siècle, Antoine Biolay y construit une terrasse et une maison bourgeoise, tandis que les ruines, abandonnées, sont protégées pour leur valeur patrimoniale.
La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, joyau du site, illustre l’évolution religieuse et artistique du monument. Classée parmi les premiers Monuments Historiques de France (1862), elle conserve des éléments médiévaux (voûtes, graffitis) et des décors du XIXe siècle, reflétant son usage continu comme lieu de culte. Le château, quant à lui, symbolise les mutations de l’architecture castrale : d’abord forteresse pure, il devient une résidence aristocratique avant de tomber en ruine, sauvé in extremis par les restaurations modernes.
Les fouilles et études révèlent une occupation continue depuis le XIe siècle, avec des traces de céramique et des structures romanes rares dans le Rhône. Le donjon, exceptionnellement bien conservé, offre un exemple unique de tour résidentielle médiévale sans meurtrières, conçue pour le prestige autant que pour la défense. Les graffitis, peintures et blasons (Balsac, Jossard) témoignent de la vie quotidienne et des rivalités seigneuriales qui ont façonné ce site emblématique de l’Auvergne-Rhône-Alpes.