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Château de Chaulieu dans la Manche

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château de Chaulieu

  • La Cour du Château l'Armander
  • 50150 Chaulieu
Château de Chaulieu
Château de Chaulieu
Crédit photo : Ikmo-ned - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
50150 Chaulieu, La Cour du Château l'Armander

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1552
Première mention des sieuries de Chaulieu
1638
Mort de Pierre Bourget
XVIe siècle
Construction du château actuel
1706–1709
Changement de propriétaire
1796
Séjour de Louis de Frotté
27 octobre 1799
Blessure de Louis-Jules-Auguste de Rotours
août 1944
PC de la 29e division US
25 juillet 1973
Classement partiel
1989
Rachat et restauration
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du château, de l'ancienne chapelle et des anciennes écuries ; cheminée de la grande salle au rez-de-chaussée (cad. A 113, 114) : inscription par arrêté du 25 juillet 1973

Personnages clés

Pierre Bourget - Constructeur présumé du château Receveur des tailles, protestant, mort en 1638.
Thomas Bourget - Seigneur de Saint-Germain-de-Tallevende Premier à mentionner Chaulieu vers 1552.
Jacques de Carbonnel - Propriétaire protestant en 1709 Issu de la bourgeoisie caennaise.
Louis de Frotté - Chef chouan Séjourne au château en 1796.
Jacques-Augustin de Rotours - Baron de Chaulieu Décède en 1796 dans le manoir.
Louis-Jules-Auguste de Rotours - Héritier et résistant chouan Blessé en 1799, conserve le château jusqu’en 1852.

Origine et histoire du Château de Chaulieu

Le château de Chaulieu est une ancienne demeure fortifiée édifiée au XVIe siècle, modifiée aux XVIIe et XVIIIe siècles, située dans le sud-est du département de la Manche, en Normandie. À l’origine, il remplace un château plus ancien sur un site stratégique du Mortanais, à 1,2 km au nord-ouest de l’ancien bourg de Saint-Sauveur-de-Chaulieu, aujourd’hui intégré à Chaulieu. Le domaine, entouré de douves, comprend un logis quadrangulaire flanqué d’échauguettes, un pavillon de garde du XVIe siècle, et une porte ouest ornée de sculptures. Son architecture mêle des éléments défensifs (système d’enfilade des pièces, cheminées en granit) et des décors intérieurs raffinés, comme un plafond peint polychrome dans le grand salon.

La construction de la cour de Chaulieu est attribuée à Pierre Bourget, neveu de Thomas Bourget, sieur de Saint-Germain-de-Tallevende. Receveur des tailles à Vire et Conches en 1587, Pierre Bourget termine sa carrière au bureau des Finances de Caen et meurt en 1638 après s’être converti au protestantisme. Sa famille conserve le château jusqu’en 1706, date à laquelle il passe à Jacques de Carbonnel, un bourgeois protestant caennais. En 1742, le domaine est transmis par mariage à la famille de Calmesnil, puis vendu en 1753 à Julien des Rotours, seigneur de la Lande-Vaumont, dont les descendants le posséderont jusqu’en 1989.

Le château joue un rôle durant les troubles révolutionnaires : en 1796, Louis de Frotté, chef chouan, y séjourne avec ses officiers. La même année, Jacques-Augustin de Rotours, baron de Chaulieu, y décède. Son fils, Louis-Jules-Auguste de Rotours, héritier à 16 ans, rejoint l’armée royale de Normandie commandée par Frotté. Blessé en 1799 lors d’une attaque contre Vire, il échappe aux républicains et se réfugie à Chaulieu. Le domaine reste dans sa famille jusqu’au XXe siècle, malgré les dommages subis en 1944 lors de la bataille de Normandie : la contre-attaque de Mortain endommage gravement les bâtiments, laissés à l’abandon jusqu’à leur rachat en 1989 par M. et Mme Cenni, qui entreprennent leur restauration.

Le château est partiellement classé monument historique depuis le 25 juillet 1973, protégeant ses façades, toitures, ainsi qu’une cheminée du XVIIIe siècle ornée de peintures. À l’intérieur, le système défensif d’origine est encore visible, avec des pièces conçues pour se protéger mutuellement par des tirs en enfilade. Le domaine conserve aussi des éléments mobiliers d’époque et des traces de son passé protestant et militaire, notamment lié à la chouannerie normande.

En août 1944, le château accueille le poste de commandement de la 29e division d’infanterie US du général Gerhardt, durant la libération de la Normandie. Les combats de la bataille de Mortain laissent des séquelles profondes sur les bâtiments, aggravées par des décennies d’abandon. La restauration initiée à partir de 1989 permet de sauver ce témoignage architectural des XVIe–XVIIIe siècles, marqué par des périodes de conflits, de changements religieux et de transitions sociales en Basse-Normandie.

Liens externes

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