Origine et histoire
Le château de Chaulnes, situé à Noyarey dans le département de l’Isère, est une ancienne maison seigneuriale dont l’origine remonte au XVIIe siècle. Son nom est lié à la famille de Chaulnes, originaire de Picardie ou de Bourgogne selon les sources, et installée dans le Dauphiné à la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle. Ce domaine, érigé en marquisat en 1684, fut successivement la propriété de familles aristocratiques comme les Sassenage, les Chaulnes, et les Caulet de Grammont, avant d’être transformé architecturalement au XIXe siècle par la famille Thomas.
La fondation du château est attribuée à l’arrivée des Chaulnes, une famille noble dont les origines géographiques font débat : certains ouvrages la lient à la Picardie (ville de Chaulnes dans la Somme), tandis que d’autres la rattachent au Tonnerrois en Bourgogne. Les Chaulnes, proches de la maison de Clermont-Tonnerre, s’installent dans le Dauphiné et acquièrent les terres de Noyarey en 1613. Le domaine, initialement un pavillon de chasse des barons de Sassenage, devient un marquisat sous Joseph de Chaulnes, avant de passer entre les mains d’évêques grenoblois au XVIIIe siècle.
Au XVIIIe siècle, le château appartient à deux évêques de Grenoble : Paul de Chaulnes (1721–1725) et Jean de Caulet (1727–1771), ce dernier l’utilisant comme résidence d’été. À sa mort, le domaine est légué à l’hôpital de Grenoble, puis vendu en 1743 à Jean de Caulet. Après la Révolution, il passe à la famille Thomas en 1830, qui y ajoute deux tourelles et modernise l’édifice. Le château change encore de mains au XXe siècle, devenant un orphelinat après la Première Guerre mondiale, avant d’être racheté par la famille Deverre dans les années 1920.
Au XXIe siècle, le château de Chaulnes est une propriété privée dédiée à l’organisation d’événements (mariages, expositions, séminaires). Son architecture, marquée par les ajouts du XIXe siècle, conserve des éléments originels comme des parquets anciens et une cave voûtée. Le domaine, entouré d’un jardin et d’une terrasse offrant une vue sur la Chartreuse, est aujourd’hui un lieu culturel actif, accueillant régulièrement des expositions d’art contemporain.
Le château est également connu sous le nom de Château des Glairons, en référence au hameau voisin installé sur un ancien lit sablonneux de l’Isère. Son emplacement, sur une éminence près de la falaise du Vercors, en fait un point de repère visible depuis l’ancienne route nationale 532, aujourd’hui déclassée en RD 1532. Son histoire, documentée principalement par le chanoine Cyrille Thelliez en 1961, reflète les mutations sociales et architecturales du Dauphiné du XVIIe au XXe siècle.