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Frise chronologique
1520
Érection en châtellenie
Érection en châtellenie
1520 (≈ 1520)
Le fief devient une châtellenie indépendante.
1568
Destruction par les huguenots
Destruction par les huguenots
1568 (≈ 1568)
Incendie et pillage pendant les guerres de Religion.
1600
Reconstruction par François Le Roy
Reconstruction par François Le Roy
1600 (≈ 1600)
Restauration après les dégâts des conflits.
1634
Achat par Claude Bouthillier
Achat par Claude Bouthillier
1634 (≈ 1634)
Début des grands travaux architecturaux.
1637-1647
Reconstruction par Pierre Le Muet
Reconstruction par Pierre Le Muet
1637-1647 (≈ 1642)
Château remanié dans un style classique.
1774
Vente à Marie Caillaud
Vente à Marie Caillaud
1774 (≈ 1774)
Changement de propriétaire avant la Révolution.
1839-1840
Démolition partielle
Démolition partielle
1839-1840 (≈ 1840)
Matériaux réutilisés pour une nouvelle demeure.
1989-1996
Classements Monuments Historiques
Classements Monuments Historiques
1989-1996 (≈ 1993)
Protection des vestiges et de la ferme.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ferme du château : partie non restaurée, excluant ainsi le bâtiment sud-est doté de deux retours (cad. C 589) : classement par arrêté du 14 février 1989 - Ferme du château : façades et toitures de la partie est, non classée ; cour de la ferme (cad. C 589, 590) : inscription par arrêté du 2 mars 1995 - Vestiges du château : pavillon, plate-forme subsistante, fossés avec leurs murs de soutènement, porte d'entrée et les deux pavillons qui la flanquent, pont-dormant donnant accès au portail (cad. C 594, 595, 598, 641, 642) : classement par arrêté du 14 octobre 1996
Personnages clés
| François Le Roy - Seigneur de Chavigny (XVIe siècle) |
Reconstruit le château après 1568. |
| Claude Bouthillier - Surintendant des finances (1581-1652) |
Commanditaire de la reconstruction en 1637. |
| Pierre Le Muet - Architecte (XVIIe siècle) |
Conçoit le château classique actuel. |
| Guillaume Le Roy - Seigneur médiéval (XIVe siècle) |
Ancêtre de la lignée propriétaire. |
| Jacques (II) de Rouville - Gouverneur de Chinon (1580-1628) |
Héritier avant la vente à Bouthillier. |
| Marie Caillaud - Propriétaire post-révolutionnaire (XVIIIe siècle) |
Acheteuse du domaine en 1774. |
Origine et histoire
Le château de Chavigny, situé à Lerné (Indre-et-Loire), trouve ses origines au Moyen Âge comme fief dépendant du château royal de Loudun. Érigé en châtellenie en 1520, il appartenait aux familles Maumoine puis Le Roy, avant d’être ravagé par les huguenots en 1568. François Le Roy, dernier héritier direct, le reconstruit vers 1600 après des décennies d’abandon.
En 1634, le domaine est acquis par Claude Bouthillier, surintendant des finances de Louis XIII et proche de Richelieu. Ce dernier confie à l’architecte Pierre Le Muet une reconstruction ambitieuse (1637-1647), intégrant des galeries Renaissance surélevées et des ailes nouvelles. Le château, symbole du pouvoir financier et politique des Bouthillier, est alors érigé en comté en 1639.
Après un siècle et demi sous la famille Bouthillier, le château est vendu en 1774 à Marie Caillaud, veuve d’un magistrat colonial. Abandonné après la Révolution, il est démantelé en 1839-1840 par Charles Desmée de Chauvigny, qui réutilise ses matériaux pour construire une demeure plus modeste. Aujourd’hui, seuls subsistent la chapelle, son escalier, le portail d’entrée, et des vestiges des fossés et plates-formes, protégés depuis 1989-1996.
L’histoire de Chavigny reflète les bouleversements religieux (guerres de Religion), politiques (ascension de Richelieu) et économiques (spéculation foncière) qui ont marqué la Touraine entre le XVIe et le XIXe siècle. Son architecture, documentée par les gravures de Le Muet, témoigne de la transition entre Renaissance et classicisme français.
Les protections successives (classements de 1989, 1995 et 1996) concernent les vestiges du château, la ferme attitrée, et les éléments subsistants comme la chapelle ou le portail. Ces mesures soulignent l’importance patrimoniale d’un site où se croisent mémoire seigneuriale, innovation architecturale et histoire nationale.