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Château de Chelé à Hambers en Mayenne

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château fort

Château de Chelé

    Le Portail
    53160 Hambers
Propriété privée
Crédit photo : Simon de l'Ouest - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
Époque contemporaine
600
700
1200
1300
1400
1500
1600
2000
616
Première mention écrite
1210
Conflit forestier
XIIIe siècle
Construction de la résidence seigneuriale
1458
Aveu féodal
1545
Vente du domaine
2010
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

En totalité, l'ensemble des éléments, bâtis ou non, en élévation ou encore enfouis, parmi lesquels les vestiges du logis seigneurial, des douves, du portail et de la chapelle Saint-Marc, constitutifs du château, ainsi que les sols et sous-sols de leur terrain d'assiette (cad. WL 27) : inscription par arrêté du 29 janvier 2010

Personnages clés

Bertrand du Mans - Évêque du Mans (VIe–VIIe siècle) Premier à citer Chelé (*Calviaco*) en 616.
Geoffroy de Chelé - Seigneur (début XIIIe siècle) Conflit avec l’abbaye d’Évron en 1210.
Marguerite Machefer - Seigneuresse (XVe siècle) Aura rebâti château et chapelle de Montaigu.
René de Bouillé - Acquéreur en 1545 Rachète Chelé pour 8 500 livres.
René d’Alençon - Duc d’Alençon (XVe siècle) Confirme les droits d’usage en forêt de Langé (1478).

Origine et histoire

Le château de Chelé, implanté à Hambers dans la Mayenne (Pays de la Loire), est mentionné dès 616 dans le testament de Bertrand, évêque du Mans, sous le nom Calviaco. Ce site médiéval majeur conserve les vestiges d’un donjon roman et d’une résidence seigneuriale du XIIIe siècle, accolée à une chapelle et entourée de douves. Une motte castrale originale, potentiellement intacte, ainsi qu’une stèle gauloise découverte dans la cour attestent d’une occupation ancienne, renforcée par un réseau dense de voies gauloises et romaines à proximité (la voie du Mans à Jublains passe à 1 km au sud).

Au Moyen Âge, Chelé était une châtellenie vassale de la baronnie de Sillé, dotée de droits seigneuriaux (haute, moyenne et basse justice) et de ressources économiques comme des moulins (à eau et à vent), des étangs et des forêts exploitées pour le pacage. Le château, déjà en ruine au XVIe siècle, abritait une chapelle Notre-Dame inscrite au Pouillé du Mans au XVe siècle, ainsi qu’une porterie du XIIe siècle, considérée comme la plus ancienne maison du département. Les vestiges incluent aussi des peintures murales dans la grande salle et des pierres taillées réemployées dans la chapelle.

La seigneurie de Chelé changea plusieurs fois de mains, des chevaliers de Chelé (XIIe–XIVe siècles) aux familles de Couesmes, de Landivy, puis de Bouillé après 1545. Parmi les figures marquantes, Geoffroy de Chelé (1210) s’opposa aux religieux d’Évron pour des droits forestiers, tandis que Marguerite Machefer (XVe siècle) aurait rebâti le château ogival et la chapelle de Montaigu. Le site, classé Monument Historique en 2010, illustre l’évolution d’un domaine féodal, de l’époque gauloise à la Renaissance, avec des traces archéologiques et architecturales uniques en Mayenne.

L’église Saint-Marc, construite au XIIe siècle par les chevaliers de Chelé, ne subsiste plus que par son chœur roman à chevet carré, orné d’une Vierge en tuffeau du XIIIe siècle et de fenêtres ogivales. Une chapellenie Notre-Dame, fondée avant le XVIIe siècle, y était active jusqu’aux années 1970, avec des messes célébrées le 25 avril. Le site conserve aussi les ruines d’un moulin à farine actionné par le ruisseau de Chelé, long de 2,3 km, et des landes mentionnées dans les aveux féodaux (comme la lande de Mongouin, 200 journaux).

Les sources médiévales, comme le Cartulaire d’Évron (989) ou les archives du Rocher de Mézangers, révèlent l’importance stratégique de Chelé, lié à des conflits de justice (un homme noyé dans l’étang en 1459) ou à des droits d’usage contestés. En 1478, René d’Alençon confirma aux habitants le droit de pacage dans la forêt de Langé contre 100 boisseaux d’avoine. Le domaine, vendu en 1771 avec le Rocher de Mézangers, comprenait alors des terres, étangs, et la seigneurie d’Hambers, reflétant son rôle central dans l’économie locale jusqu’à l’Époque moderne.

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