Origine de la seigneurie XIIe siècle (≈ 1250)
Construction du donjon et des tours d'angle.
XVe siècle
Ajout du logis seigneurial
Ajout du logis seigneurial XVe siècle (≈ 1550)
Accolé au donjon avec porche et dépendances.
4e quart XVIIe siècle
Refonte de la haute cour
Refonte de la haute cour 4e quart XVIIe siècle (≈ 1787)
Grand logis classique le long de la courtine.
XVIIIe siècle
Construction grange et pigeonnier
Construction grange et pigeonnier XVIIIe siècle (≈ 1850)
Aménagements utilitaires du domaine.
Vers 1990
Remplacement du portail
Remplacement du portail Vers 1990 (≈ 1990)
Portail en béton remplaçant l'original.
Début XXe siècle
Aspect actuel du logis
Aspect actuel du logis Début XXe siècle (≈ 2004)
Dernières modifications majeures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le donjon (cad. A 811) : classement par arrêté du 9 novembre 1987 ; La courtine (ou élévation) avec les deux tours d'angle à l'ouest du côté des anciennes douves ; le porche d'entrée (cad. A 811) : inscription par arrêté du 9 novembre 1987 - L'ensemble des parties bâties et non bâties constituant le château (cad. A 778, 779, 908, 920 à 922) : inscription par arrêté du 5 décembre 2007
Personnages clés
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Origine et histoire du Château de Cherves
Le château de Cherves trouve ses origines au XIIe siècle, époque à laquelle la seigneurie est attestée. Le donjon, cœur défensif du monument, se distingue par sa structure rectangulaire en moellons, flanquée de quatre tours d’angle. Ce dispositif, typique de l’architecture castrale médiévale, témoigne de son rôle initial de forteresse. À l’ouest, une tour ronde massive et une tour polygonale, partiellement intégrées aux bâtiments postérieurs, dominent un petit plan d’eau, dernier vestige des douves qui ceinturaient autrefois l’édifice. Ces éléments hydrauliques soulignent l’importance stratégique du site à une période où les conflits féodaux exigeaient des systèmes de protection élaborés.
Au XVe siècle, le château connaît une première transformation majeure avec l’adjonction d’un logis seigneurial accolé au donjon, ainsi que la construction d’un porche et de dépendances. Ces aménagements reflètent l’évolution des besoins résidentiels de la noblesse, passant d’une vocation purement militaire à un lieu de vie plus confortable. Le choix d’intégrer le logis au système défensif existant illustre la transition architecturale entre Moyen Âge et Renaissance, où sécurité et esthétique commencent à se conjuguer. Les modifications de cette époque préparent le terrain pour les réaménagements ultérieurs, tout en conservant des traces des structures médiévales.
Le 4e quart du XVIIe siècle marque une refonte complète de la haute cour, avec l’érection d’un grand logis le long de la courtine ouest, absorbant partiellement les constructions précédentes. Ce projet ambitieux, caractéristique de l’architecture classique française, vise à moderniser l’ensemble en accord avec les canons de symétrie et de régularité alors en vogue. Le logis est à nouveau remanié au XVIIIe siècle, période à laquelle sont édifiés la grange et le pigeonnier, éléments utilitaires indissociables de la vie d’un domaine seigneurial. Ces ajouts fonctionnels révèlent une occupation agricole et résidentielle durable, bien loin de la vocation guerrière originelle.
Au début du XXe siècle, le château subit une dernière campagne de travaux donnant au logis son aspect actuel. Cependant, certaines interventions plus récentes, comme le remplacement vers 1990 du portail en plein cintre de la grange par une structure en béton, altèrent partiellement l’authenticité des lieux. Malgré ces modifications, le château de Cherves conserve des strates architecturales remarquables, des fondations médiévales aux aménagements classiques, offrant un témoignage tangible de près de neuf siècles d’histoire.