Origine et histoire du Château de Chesnel
Le château de Chesnel, aussi appelé château de Chenel, fut construit en 1610 par Charles-Roch Chesnel sur les hauteurs de l’Antenne, à Cherves-Richemont (Charente). Ce monument illustre le style italien alors en vogue en Angoumois, avec une structure carrée, des douves sèches et une façade encadrée de tours rondes à toiture conique. Son architecture, restée intacte depuis le XVIIe siècle, inclut une avant-cour rectangulaire, une porte cochère surmontée d’une bretèche à mâchicoulis, et des pavillons latéraux.
La seigneurie de Cherves, dépendante de Cognac, fut acquise au XVIe siècle par Jacques Chesnel, gouverneur de la ville. Son descendant, Charles de Chesnel, héritier des biens maternels, fit ériger le château actuel entre 1610 et 1625 sur un domaine où subsistait déjà un colombier daté de 1505. La famille Chesnel conserva le domaine jusqu’en 1754, date à laquelle il passa par alliance aux Frétard d’Écoyeux, puis aux comtes de Roffignac au XIXe siècle.
Parmi les figures marquantes liées au château, René-Annibal de Roffignac se distingua en offrant sa tête à la place de Louis XVI lors de la Révolution. Son fils, Louis Philippe Joseph de Roffignac, devint maire de La Nouvelle-Orléans en 1800. Au XXe siècle, le comte Ferdinand de Roffignac fonda en 1923 une société viticole sur le domaine, transmise ensuite à ses descendants. Le château, toujours privé, se visite durant l’été ou sur rendez-vous.
Classé Monument Historique en 1965 pour ses façades, toitures, cours et douves, le château de Chesnel conserve des éléments originaux comme une cheminée monumentale et des voûtes d’arêtes en sous-sol. Son intérieur fut remanié au XIXe siècle, avec la suppression des croisillons des fenêtres et l’ajout de créneaux sur une aile. L’ensemble, entouré de dépendances et de métairies, témoigne de l’histoire seigneuriale et viticole de la région.
Le domaine inclut également des vestiges plus anciens, comme le site de Plumejeau, où fut découvert le « trésor de Cherves » (bien que cette tradition soit non confirmée). Le château, avec son plan régulier et ses décors de fantaisie (merlons, boules), reste un exemple unique d’architecture classique précoce en Charente, mêlant influences italiennes et locales.