Origine et histoire du Château de Chevenon
Le château de Chevenon, édifié entre 1382 et 1406, s’inspire des forteresses royales comme Vincennes, sous l’impulsion de Guillaume Ier de Chevenon, capitaine du donjon de Vincennes pour les rois Charles V et Charles VI. Son fils, Jehan de Chevenon, accumule une immense fortune grâce aux faveurs royales, faisant de la famille l’une des plus puissantes du Nivernais. Le château, de plan carré avec doubles enceintes et tours rondes, symbolise alors le pouvoir militaire et économique de ses seigneurs.
Au XVIIIe siècle, l’ensemble défensif, en ruines, est démoli par Mathieu Bernard Gondin (propriétaire depuis 1766), conseiller du roi. Transformé en ferme au XIXe siècle, le château menace ruine jusqu’à son rachat en 1848 par Frédéric Girerd, député de la Nièvre et futur ministre, sous la pression de George Sand. Girerd sauve le logis médiéval, aujourd’hui marqué par ses tours crénelées, ses archères, et ses aménagements intérieurs (salle d’apparat, cheminées armoriées).
L’architecture actuelle mêle éléments défensifs (herse, assommoir, chemin de ronde) et confort seigneurial (fenêtres percées, latrines, tourelles d’escalier). Les armes des familles Girard, de La Platière et Jean de Clamecy ornent les plafonds, tandis que des graffitis de « dames cloîtrées » subsistent sur les murs. La tour hors-œuvre de 25 mètres, avec son escalier à vis et son conduit acoustique d’alerte, témoigne de l’ingéniosité militaire médiévale. Classé Monument Historique en 1946, le site conserve aussi un colombier et les vestiges d’une chapelle.
Les propriétaires successifs, comme Henry Antoine de la Grange d’Arquian (XVIIe siècle) ou les époux Bardin (1940), ont marqué son histoire. Aujourd’hui, le château illustre l’évolution des forteresses en résidences aristocratiques, entre héritage guerrier et adaptations résidentielles, dans un Nivernais marqué par les grands domaines seigneuriaux.