Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Château de Chevilly dans le Loiret

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château de style Classique

Château de Chevilly

    Allée de Madame
    45520 Chevilly
Propriété privée
Château de Chevilly
Château de Chevilly
Château de Chevilly
Château de Chevilly
Château de Chevilly
Château de Chevilly
Château de Chevilly
Château de Chevilly
Château de Chevilly
Château de Chevilly
Château de Chevilly
Château de Chevilly
Château de Chevilly
Château de Chevilly
Château de Chevilly
Château de Chevilly
Château de Chevilly
Château de Chevilly
Château de Chevilly
Crédit photo : Juni.apf - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1732
Construction du château actuel
1764
Érection en baronnie
1766
La paroisse devient Chevilly
1870
Dégâts pendant la guerre franco-allemande
1941
Occupation par la Wehrmacht
1965
Classement de la chapelle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chapelle (cad. M 7) : classement par arrêté du 23 février 1965 ; Façades et toitures du bâtiment principal et des communs ; jardin à la française ; cour d'honneur et allée d'accès (cad. M 4 à 6, 8 à 19, 21, 51, 136, 137, 142) : inscription par arrêté du 23 février 1965 ; Grandes perspectives du château : allées de Huètres et de Chevilly (ou du Château) ; allées de Gidy et des Fresnes (C.V.O. 7 et C.R. 1, dit chemin de Blois) ; allée de Madame, prolongeant le grand axe d'accès au château depuis la R.N. 20 jusqu'à la partie déjà inscrite ; bande de terrain de 50 m de largeur de part et d'autre de ces allées (cad. M 70, 124, 125, 141) : inscription par arrêté du 19 décembre 1967

Personnages clés

Nicolas Hatte - Receveur général des finances Commanditaire du château en 1732.
Étienne de Silhouette - Ancien contrôleur général des finances Propriétaire de 1753 à 1763, inspiré le terme *silhouette*.
Jean-François-Claude Perrin de Cypierre - Marquis et intendant d’Orléans Transforme Chevilly en baronnie (1764-1790).
Jean-Benoît-Vincent Barré - Architecte Conçoit la chapelle et modernise les jardins.
André Patricot - Ingénieur agronome Propriétaire en 1949, acquiert les statues des continents.
Famille Bazin de Caix - Propriétaires actuels Ouvre le château lors des Journées du Patrimoine.

Origine et histoire

Le château de Chevilly, situé dans le Loiret en région Centre-Val de Loire, trouve ses origines au 2e quart du XVIIIe siècle sous l’impulsion de Nicolas Hatte, receveur général des finances sous Louis XV. En 1732, il fait ériger un nouveau château sur un domaine hérité de son oncle, remplaçant une maison bourgeoise du XVIIe siècle. Hatte y transfère la chapelle dans l’aile droite et enrichit l’édifice de sculptures, peintures et boiseries. À sa mort en 1738, le domaine passe à son héritier, Charles Robert Hatte, qui le revend en 1753 à Étienne de Silhouette, figure controversée de la Cour, renvoyé en 1759 pour ses réformes fiscales audacieuses.

En 1763, le marquis Jean-François-Claude Perrin de Cypierre, intendant d’Orléans, acquiert Chevilly et en fait un symbole de son ambition sociale. Il obtient l’érection du domaine en baronnie en 1764, renomme la paroisse voisine Chevilly en 1766 (anciennement Andeglou), et supprime les chapelles locales pour centraliser le culte dans celle du château. Passionné par les Lumières, il modernise les jardins avec l’architecte Jean-Benoît-Vincent Barré, crée un potager sophistiqué avec bassins thermorégulés, et tente — sans succès — d’y implanter une filature. Son influence décline après 1787, et il meurt en 1790, à l’aube de la Révolution.

Le XIXe siècle voit le château passer entre les mains de familles aristocratiques (Parseval, Montpinson) et subir des dégâts lors de la guerre franco-allemande de 1870, Chevilly se trouvant sur la ligne de front. Au XXe siècle, il est occupé tour à tour par les Allemands (Wehrmacht en 1941, utilisant le parc pour réparer des engins) et les Alliés (le général Patton y séjourne en 1944). Pillages et dégradations marquent cette période, bien que des objets aient été sauvés par les villageois. En 1949, l’ingénieur André Patricot en devient propriétaire avant que la famille Bazin de Caix n’en hérite au XXIe siècle, ouvrant occasionnellement le domaine au public.

Architecturalement, le château mêle classicisme et sobriété, avec des façades en calcaire local, des toits à la Mansarde, et une chapelle classée Monument Historique en 1965 pour ses boiseries rocaille. Le parc de 22 hectares, conçu à la française par l’architecte orléanais Jamin, intègre des allées convergentes, un potager technique, et un ensemble statuaire du XVIIIe siècle représentant les quatre continents, acquis en 1905. Parmi les dépendances remarquables figurent une glacière de 20 mètres de profondeur (rare en France) et des écuries avec pédiluve, témoignages du faste passé.

Les conflits ont laissé des traces : en 1870, les combats entre armées françaises et prussiennes endommagent l’édifice, tandis qu’en 1939-1945, sa proximité avec la base aérienne de Bricy en fait un enjeu stratégique. Malgré ces épreuves, le château conserve des éléments originaux comme l’Allée Madame (hommage à la marquise de Pompadour), la cour d’honneur avec son parterre fleuri, et des statues monumentales, dont une représentant l’Europe entourée de symboles des Lumières. Aujourd’hui, le domaine illustre l’évolution des châteaux de plaisance, entre pouvoir seigneurial, innovations agricoles, et patrimoine préservé.

Liens externes