Origine et histoire du Château de Chissey-en-Morvan
Le château de Chissey-en-Morvan, situé en Saône-et-Loire au bord du Ternin, trouve ses origines au XIIe siècle avec une tour à trois étages, intégrée plus tard dans une structure plus vaste à la fin du XIIIe siècle. Au XVe siècle, il se compose d’un corps de logis avec cave voûtée, entresol et galerie, entouré de quatre tours d’angle, d’un fossé profond et de mâchicoulis. La tour nord-est, la plus ancienne, et une tour carrée réaménagée au XVIIIe siècle subsistent encore aujourd’hui. La chapelle, fondée en 1668 par Chrétienne de Montmoyen, abritait des messes quotidiennes accessibles au seigneur via un guichet depuis sa cheminée.
Le château, fief en toute justice relevant de l’évêché d’Autun mais avec des dépendances bourguignonnes, fut l’objet de conflits de suzeraineté au XIVe siècle. En 1369, l’évêque Geoffroi David s’en empare symboliquement, avant que le duc de Bourgogne Philippe le Hardi ne tente la même manœuvre en 1385, sans succès. Au fil des siècles, il passe entre les mains de familles nobles comme les Châtillon-en-Bazois, les Roussillon, les Chaulgy et les Montmoyen. Odinet de Montmoyen, gouverneur d’Autun au XVIe siècle, y impose guet-et-garde aux habitants, tandis que Chrétienne de Chissey, au XVIIe, y fonde une chapelle et acquiert des terres voisines.
Vendu comme bien national en 1793 pendant la Révolution, le château devient une ferme au XIXe siècle. Napoléon y fait étape en 1815 lors de son retour de l’île d’Elbe, avant qu’il ne soit partiellement restauré, comme la charpente de la grosse tour carrée en 1868. Inscrit aux monuments historiques en 1997, il se visite aujourd’hui de juillet à septembre, ainsi que lors des Journées du Patrimoine. Son architecture mêle éléments médiévaux (tours rondes, fossés comblés) et aménagements du XVIIIe siècle.
Les seigneurs du château, comme Hugues de Châtillon-en-Bazois au XIIIe siècle ou Michaut de Chaulgy au XVe, marquent son histoire par leurs alliances et leurs conflits avec les pouvoirs ecclésiastiques et ducaux. Les armoiries des familles Ternant (trois tours crénelées) et Chaulgy (écartelé de Chaulgy et Roussillon) témoignent de leur héritage. Le site, entouré autrefois d’un étang et d’un moulin, illustre l’évolution d’une forteresse médiévale en résidence seigneuriale, avant sa conversion agricole.
Le château conserve des traces de son passé défensif, comme les meurtrières des tours et les vestiges du pont-levis, bien que la tour sud-ouest ait disparu. La cour intérieure, bordée de communs (cuisine, grange, étables), reflète l’organisation spatiale typique des châteaux forts bourguignons. Les fossés, alimentés par la rivière, et le talus environnant en faisaient une place difficile à prendre, stratégiquement située entre Autun et le Morvan.