Frise chronologique
XIIe siècle
Construction du donjon
Construction du donjon
XIIe siècle (≈ 1250)
Origine féodale du château sous les premiers seigneurs.
1474
Échange avec La Trémoïlle
Échange avec La Trémoïlle
1474 (≈ 1474)
Jean de Châteaugiron cède Cinq-Mars à Louis Ier.
1642
Destruction partielle
Destruction partielle
1642 (≈ 1642)
Rasé après l’exécution d’Henri de Ruzé.
27 avril 1976
Classement MH
Classement MH
27 avril 1976 (≈ 1976)
Protection des tours et douves restantes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les deux tours subsistantes et les douves avec leur pont (cad. AI 26, 28, 29) : classement par arrêté du 27 avril 1976 ; Les façades et toitures des anciens communs et les restes de l'enceinte (cad. AI 24, 25, 26, 30, 31, 317) : inscription par arrêté du 27 avril 1976
Personnages clés
| Jean Ier de L'Isle-Bouchard - Seigneur de Cinq-Mars (XIVe s.) |
Transmet la seigneurie aux Rougé de Derval. |
| Louis Ier de La Trémoïlle - Vicomte de Thouars (XVe s.) |
Acquiert Cinq-Mars par échange en 1474. |
| Henri Coëffier de Ruzé - Marquis de Cinq-Mars (XVIIe s.) |
Exécuté en 1642, cause la destruction. |
| Martin Ruzé de Beaulieu - Secrétaire d’État (XVIIe s.) |
Rachète le domaine au début du 1600. |
Origine et histoire
Le château de Cinq-Mars-la-Pile, situé dans le département d’Indre-et-Loire en région Centre-Val de Loire, trouve ses origines au XIIe siècle comme forteresse féodale liée à la seigneurie de Saint-Médard (ou Cinq-Mars). Les premiers seigneurs attestés, comme les Geoffroy, Eudes, ou Hardouin, apparaissent dès le XIe siècle, mais c’est au XIIIe siècle que la seigneurie passe aux mains des L’Isle-Bouchard par alliance matrimoniale, notamment avec Barthélemi III et son fils Jean Ier. Ce dernier, marié à Agnès de Montbazon, consolide la lignée seigneuriale jusqu’au XIVe siècle, avant que le domaine ne soit transmis aux Rougé de Derval, puis aux Châteaugiron au XVe siècle.
En 1474, Jean de Châteaugiron échange la seigneurie avec Louis Ier de La Trémoïlle, vicomte de Thouars, marquant le début d’une période sous l’influence de cette famille et de leurs héritiers, les Husson de Tonnerre, jusqu’au milieu du XVIe siècle. Le château connaît alors des modifications architecturales, comme la reconstruction des douves. Cependant, son histoire prend un tournant dramatique en 1642 : Henri Coëffier de Ruzé, marquis de Cinq-Mars et favori de Louis XIII, est exécuté pour conspiration contre Richelieu. En représailles, la forteresse est rasée, ne laissant que des vestiges comme les deux tours subsistantes et les douves, classées monuments historiques en 1976.
Au XVIIe siècle, le domaine passe entre les mains de Martin Ruzé de Beaulieu, secrétaire d’État, puis à ses héritiers, les Coëffier de Ruzé, dont le marquis d’Effiat. Après plusieurs ventes, le château est acquis en 1768 par le duc de Luynes, avant de changer de propriétaires à plusieurs reprises aux XVIIIe et XIXe siècles. Les éléments protégés aujourd’hui incluent les tours médiévales (XIIe–XIIIe siècles), le logis des gardes du XVe siècle — remanié aux XVIIIe et XIXe siècles —, ainsi que l’enceinte et les communs. Le site illustre ainsi près de neuf siècles d’histoire, entre pouvoir seigneurial, intrigues politiques et transformations architecturales.
Architecturalement, le château combine des traces de son origine défensive (donjon du XIIe siècle, tour sud du XIIIe siècle) et des ajouts ultérieurs, comme l’éperon triangulaire du XVIe siècle ou le pont dormant remplaçant l’ancien pont-levis. Les douves, refaites à la Renaissance, et les courtines partiellement conservées témoignent de son évolution stratégique. Malgré les destructions, le site conserve une valeur patrimoniale majeure, classée et inscrite au titre des monuments historiques depuis 1976.