Frise chronologique
XIe siècle
Premières fortifications présumées
Premières fortifications présumées
XIe siècle (≈ 1150)
Butte fortifiée selon les hypothèses historiques.
1221
Siège par Amaury de Montfort
Siège par Amaury de Montfort
1221 (≈ 1221)
Échec du siège contre le château.
1271
Première mention écrite
Première mention écrite
1271 (≈ 1271)
Cité dans le *Saisimentum* de 1271.
1437
Prise par les routiers
Prise par les routiers
1437 (≈ 1437)
Rachat nécessaire après occupation.
XIIIe-XIVe siècle
Construction du donjon
Construction du donjon
XIIIe-XIVe siècle (≈ 1450)
Donjon daté de cette période.
1526
Mariage d’Antoinette Yzalguier
Mariage d’Antoinette Yzalguier
1526 (≈ 1526)
Union avec Blaise de Monluc.
XVe siècle
Remaniement du logis
Remaniement du logis
XVe siècle (≈ 1550)
Travaux par des co-seigneurs comme Yzalguier.
XVe-XVIe siècle
Rénovations du logis
Rénovations du logis
XVe-XVIe siècle (≈ 1650)
Ajout d’un second corps de logis.
1705
Passage aux Chapt de Rastignac
Passage aux Chapt de Rastignac
1705 (≈ 1705)
Nouvelle famille seigneuriale propriétaire.
1950
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
1950 (≈ 1950)
Protection officielle du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château (ruines) : inscription par arrêté du 20 juin 1950
Personnages clés
| Amaury de Montfort - Seigneur et assaillant |
Échoue à prendre le château en 1221. |
| Jacques Yzalguier - Baron de Clermont-Dessous |
Co-seigneur, père d’Antoinette Yzalguier. |
| Blaise de Monluc - Époux d’Antoinette Yzalguier |
Mariage en 1526 dans l’église locale. |
| Pierre II de Secondat - Seigneur de Clermont-Dessous |
Propriétaire au XVIe siècle (1490-1560). |
| Jacques-Gabriel Chapt de Rastignac - Dernier seigneur Chapt |
Décédé en 1755 sans héritier direct. |
| Jean de Narbonne-Lara - Seigneur au XVIe siècle |
Famille noble propriétaire du château. |
| Jean II de Secondat - Seigneur de Montesquieu |
Fils de Pierre II, héritier en 1564. |
Origine et histoire
Le château de Clermont-Dessous est implanté sur une colline dominant la Garonne, près de Port-Sainte-Marie, dans le département de Lot-et-Garonne. La butte, probablement fortifiée dès le XIe siècle, abrite un château protégeant la partie vulnérable de l’éperon rocheux, séparé du village par un fossé. L’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste, datée du XIIe siècle, servait aussi de chapelle castrale et participait à la défense de l’ensemble. Le site est mentionné pour la première fois en 1271 dans le Saisimentum, dépendant de la baylie de Port-Sainte-Marie.
En 1221, le château résiste à un siège mené par Amaury de Montfort, soulignant son importance stratégique. Pendant la guerre de Cent Ans, il joue un rôle clé, avec un donjon probablement construit au XIIIe ou XIVe siècle. Au XVe siècle, le logis est remanié, peut-être par des co-seigneurs comme Lérôme-Patrice de Monorgon (mort en 1506) ou Jacques Yzalguier. Un second corps de logis, ajouté à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle, complète l’ensemble, tandis que des fenêtres à meneaux de cette époque subsistent dans le village voisin.
Le château change de mains à travers les siècles, appartenant successivement aux familles Lamothe (XIIe siècle), de Pardaillan de Gondrin, Ferrand, Malvezin de Lassale (1425), puis aux Benquet, Péticlo, Monorgon, et Yzalguier. En 1437, des routiers s’emparent du château, nécessitant une contribution pour son rachat. Au XVIe siècle, la seigneurie passe aux Narbonne-Lara, puis aux Chapt de Rastignac en 1705. Ces derniers, dont Jacques-Gabriel Chapt de Rastignac (mort en 1755), marquent l’histoire du lieu jusqu’à sa ruine partielle au XIXe siècle. Inscrit aux monuments historiques en 1950, le château est aujourd’hui partiellement restauré.
Parmi les figures notables liées au château, Blaise de Monluc épouse en 1526 Antoinette Yzalguier, fille d’un co-seigneur, dans l’église locale. Pierre II de Secondat (1490-1560) et son fils Jean II (1515-1599), seigneurs de Montesquieu, possèdent aussi Clermont-Dessous. Le site, tombant en ruine, est consolidé en 1969. Son donjon quadrangulaire, ses remparts et son église-castrale témoignent encore de son passé médiéval et de son rôle dans la défense régionale.
Les fouilles dans le donjon ont révélé des sépultures anthropomorphes datant peut-être des Xe-XIe siècles, confirmant une occupation ancienne. Le château, isolé du village par un fossé, comportait une enceinte avec une porte unique côté gorge, défendue par un petit château du XVe siècle. Les bâtiments, organisés autour d’une cour, incluaient un corps de logis est avec châtelet d’entrée et une poterne. Les archères et cheminées, comparables à celles du château de Bonaguil, illustrent les aménagements défensifs et résidentiels de la fin du Moyen Âge.
Aujourd’hui propriété de la commune, le château de Clermont-Dessous, bien que partiellement en ruine, reste un témoignage architectural des conflits et des transformations seigneuriales en Aquitaine. Son inscription en 1950 et ses restaurations successives préservent un patrimoine lié à l’histoire gasconne, de la féodalité à l’époque moderne.