Origine et histoire
Le château de Clermont-Dessous est édifié sur une colline dominant la Garonne, près de Port-Sainte-Marie, dans le Lot-et-Garonne. La butte, probablement fortifiée dès le XIe siècle, abrite un château protégeant la partie vulnérable de la colline, séparé du village par un fossé. L'église Saint-Jean-Baptiste, chapelle castrale, participait à sa défense. Ce site stratégique est mentionné pour la première fois dans le Saisimentum de 1271, dépendant de la baylie de Port-Sainte-Marie.
En 1221, le château résiste à un siège mené par Amaury de Montfort. Pendant la guerre de Cent Ans, il joue un rôle militaire important, avec un donjon datant du XIIIe ou XIVe siècle. En 1437, des routiers s’en emparent, nécessitant une contribution pour son rachat. Le logis est remanié au XVe siècle, peut-être par Lérôme-Patrice de Monorgon ou Jacques Yzalguier, tandis qu’un second corps de logis est ajouté au Nord à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle.
Le château change de mains entre plusieurs familles nobles : Lamothe (XIIe siècle), Pardaillan de Gondrin, Ferrand (XIVe siècle), Malvezin de Lassale (1425), puis les Benquet, Péticlo, Monorgon, Rémefa, et Yzalguier (1451 ou 1490). Au XVIe siècle, il appartient aux Secondat, dont Pierre II (1490-1560) et son fils Jean II (1515-1599), seigneur de Montesquieu. En 1526, Antoinette Yzalguier, fille du baron Jacques Yzalguier, épouse Blaise de Monluc dans l’église du village.
À partir de 1579, la seigneurie passe aux Narbonne-Lara, puis en 1705 aux Chapt de Rastignac. Jacques-Gabriel Chapt de Rastignac, dernier seigneur direct, meurt sans héritier en 1755, léguant ses biens à sa sœur et à son neveu. Le château, tombé en ruine au XIXe siècle, est partiellement restauré et inscrit aux monuments historiques en 1950.
Les façades des maisons voisines, comme à Saint-Médard ou Bessou, conservent des fenêtres à meneaux datant des XVe-XVIe siècles, témoignages des remaniements architecturaux liés au château. Les familles nobles successives, comme les Secondat ou les Chapt de Rastignac, ont marqué son histoire, notamment par des alliances matrimoniales et des rôles politiques régionaux.
La revue Le Festin et des ouvrages comme Les châteaux du Moyen Âge dans la France du Sud-Ouest (Jacques Gardelles, 1972) documentent son importance stratégique et architecturale. Aujourd’hui, il reste un exemple emblématique du patrimoine castral gascon, lié à l’histoire militaire et seigneuriale de la Nouvelle-Aquitaine.