Origine et histoire du Château de Clermont-Soubiran
Le château de Clermont-Soubiran, situé dans le département de Lot-et-Garonne en Nouvelle-Aquitaine, est implanté sur les coteaux nord de la vallée de la Garonne, au-dessus du village de Clermont-Soubiran (anciennement Clermont-Dessus). Son histoire remonte au moins au XIe siècle, lorsque la seigneurie appartenait à la famille Durfort, grands seigneurs du comté de Toulouse. Bernard de Durfort, cité en 1091/1092, et son frère Guillaume sont mentionnés dans des actes liés à des donations religieuses, confirmant leur influence régionale.
La seigneurie de Clermont-Dessus fut érigée en baronnie en 1208, puis en marquisat en 1617 pour Henri de Balsac, comte de Graville. Les Durfort, puis les familles de L'Isle-Jourdain, Armagnac, et Balsac d'Entragues se succédèrent comme propriétaires. Au XVe siècle, Robert de Balsac, sénéchal d'Agenais, acquiert le domaine, qui prend alors le nom de Clermont d'Entraygues. La transmission se poursuit via des alliances matrimoniales, notamment avec les Marchin au XVIIe siècle, avant une vente en 1711 à Thomas de Gasquet.
Le château conserve un soubassement médiéval, incluant un donjon et une salle des gardes voûtée aux XVIIe–XVIIIe siècles. Au XVIIIe siècle, un ensemble d'appartements sur trois niveaux fut ajouté sur la terrasse sud. Le donjon, partiellement du XIIe siècle, fut transformé en cage d'escalier. Le monument, marqué par des réaménagements successifs, fut inscrit aux Monuments Historiques en 1960 pour ses façades, toitures et la salle des gardes.
Les archives révèlent des coutumes seigneuriales, comme l'obligation pour les seigneurs de Clermont-Dessus de porter l'évêque d'Agen en chaise lors de son entrée solennelle. Ce rituel impliquait aussi les seigneurs du Fossat de Madaillan, de Beauville, de Madaillan et de Fumel, illustrant le prestige local de ces familles. La transmission du domaine aux Nicolaÿ, puis aux Laborie, clôt une histoire féodale riche, marquée par des alliances et des ventes successives.
La structure actuelle mêle des éléments médiévaux (donjon, escalier) et des ajouts classiques (appartements du XVIIIe siècle). Les arcatures à double rouleau sur le toit et les corbeaux du XIIe siècle témoignent de son origine ancienne. La salle des gardes, avec ses voûtes en brique du XVIIe–XVIIIe siècles, illustre les adaptations intérieures au fil des époques, dans un gros œuvre médiéval préservé.
Le château, aujourd’hui propriété privée, reste un témoignage architectural des transformations entre Moyen Âge et époque moderne. Son inscription en 1960 protège ses éléments les plus emblématiques, reflétant une histoire féodale et seigneuriale complexe, liée aux grandes familles d’Agenais et de Gascogne.