Origine et histoire
Le château de Clermont-Soubiran, implanté sur les coteaux nord de la vallée de Garonne à Clermont-Dessus (aujourd’hui Clermont-Soubiran), domine le village depuis son point le plus haut. Son origine remonte au moins au XIe siècle, lorsqu’il appartenait à la famille des Durfort, seigneurs influents du comté de Toulouse. Bernard de Durfort, cité en 1091/1092, et son frère Guillaume figurent parmi les premiers propriétaires attestés, liés à l’acte de restitution de l’église de Saint-Martin-des-Puits en 1093. La seigneurie, érigée en baronnie en 1208 puis en marquisat en 1617, illustre l’importance stratégique et symbolique du site.
Au XIIIe siècle, Raimond-Bernard de Durfort et Arnaud de Durfort accordent des coutumes aux vassaux du château, tandis qu’un acte d’hommage de 1263 mentionne explicitement le « château de Clermont-Dessus ». La tradition locale imposait aux seigneurs de Clermont-Dessus de porter l’évêque d’Agen en chaise lors de son entrée solennelle, aux côtés d’autres nobles comme ceux du Fossat de Madaillan ou de Beauville. Cette pratique reflète le prestige et les obligations féodales associées à la seigneurie, transmise ensuite par alliances matrimoniales aux familles de L’Isle-Jourdain (1270), Armagnac (1375), puis Balsac d’Entragues (1463).
Aux XVe–XVIIe siècles, les Balsac d’Entraygues marquent l’histoire du château, rebaptisé « Clermont d’Entraygues » après son acquisition par Robert de Balsac, sénéchal d’Agenais. En 1617, Henri de Balsac, comte de Graville, obtient l’érection en marquisat. Le domaine passe ensuite aux Marchin par le mariage de Marie de Balsac avec Jean-Gaspard-Ferdinand de Marchin (1651), puis est vendu en 1711 à Thomas de Gasquet en raison des dettes des Marchin. Après plusieurs transactions, dont celle de 1774 à Jean-Baptiste de Picot, le château échoit finalement aux familles de Lameth, Nicolaÿ, puis de Laborie.
Architecturalement, le château repose sur un soubassement ancien, potentiellement antérieur au XIIe siècle, incluant un donjon transformé en cage d’escalier et une salle des gardes voûtée à la fin du XVIIe ou au début du XVIIIe siècle. Au XVIIIe siècle, un ensemble d’appartements sur trois niveaux est ajouté sur la terrasse sud. Le site, inscrit aux monuments historiques en 1960, témoigne ainsi de près d’un millénaire d’histoire féodale, entre pouvoir seigneurial, alliances nobles et adaptations architecturales.