Origine et histoire
Le château de Colombey, situé à Coincy en Moselle, trouve ses origines au Xe siècle, où il était alors un ensemble de cabanes entourant un château féodal flanqué de tourelles, d’un colombier et d’une chapelle castrale. Ce château médiéval, symbole de pouvoir seigneurial, comportait un donjon remarquable avec des écussons armoriés et des meurtrières, reflétant son rôle défensif dans une région marquée par les conflits féodaux. La présence d’un pigeon en métal sur l’une des tourelles et d’une croix de fer sur une autre soulignait son importance à la fois militaire et religieuse, avec la chapelle castrale devenant plus tard l’église Saint-Nabor.
Au XVIIe siècle, le vieux château féodal était encore debout, conservant des éléments emblématiques comme son colombier à quatre piliers, symbole de haute justice, et son enceinte de tours. Ces vestiges témoignaient de son passé médiéval, alors que la région, intégrée au duché de Lorraine, subissait des transformations politiques et sociales. Le château, situé à l’extrémité du village près de l’église, restait un point central de la vie locale, mêlant fonctions défensives, judiciaires et agricoles, dans un contexte où les seigneurs locaux jouaient un rôle clé dans l’organisation territoriale.
Au XVIIIe siècle, le baron Théodore de Tschudi fit démolir l’ancien château féodal pour ériger une grande maison de style contemporain, plus confortable et entourée d’un jardin. Ce projet marqua une rupture avec l’architecture médiévale au profit d’un lieu de vie plus agréable, reflétant les goûts de l’aristocratie lorraine de l’époque. Son fils transforma ensuite les environs en un parc anglais, introduisant des essences exotiques (robinier, acacia, sophora) venues d’Asie, d’Afrique et d’Amérique. Ce parc devint un lieu d’expérimentation horticole, attirant l’attention de savants et d’horticulteurs locaux, et faisant du château un pôle d’innovation botanique dans la région de Metz.
Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, le château de Colombey fut un enjeu stratégique, pris et repris lors des affrontements. Il fut incendié le 27 septembre 1870, puis entièrement brûlé sur ordre de la place de Metz le 27 octobre de la même année, réduisant en cendres le château, le parc et les pépinières. Les descriptions de l’époque, comme celle de Charles Abel, président de l’Académie de Metz, dépeignent un paysage dévasté : des murs noircis, des arbres séculaires abattus, et des tombes de soldats allemands à la place des anciens massifs de roses. Les ruines, encore visibles en 1914, disparurent définitivement pendant la Première Guerre mondiale, lorsque les pierres furent enlevées et les murs démolis.
Aujourd’hui, il ne reste du château que des fondations, des caves recouvertes de terre, un puits profond et une ancienne écurie, intégrés à une exploitation agricole située plus à l’ouest que l’emplacement d’origine. Le parc, autrefois lieu de promenade et d’expérimentation botanique, n’est plus qu’un pâturage pour le bétail. Une croix rappellent une épidémie de peste dans le village, tandis que les monuments allemands de la guerre de 1870 (comme la Westphalia et l’Allée des morts) voisinent avec les vestiges, témoignant des bouleversements historiques qui ont marqué ce site.