Origine et histoire du Château de Comper
Le château de Comper, situé à Concoret en Bretagne, est un monument emblématique à l’histoire mouvementée. À l’origine château fort médiéval du XIVe siècle, il tire sa force stratégique de sa position près de la forêt de Paimpont et d’un vaste étang protecteur. Il a été détruit et reconstruit à plusieurs reprises, notamment après des sièges violents comme celui de 1595 pendant les guerres de la Ligue catholique, où il fut démantelé sur ordre d’Henri IV en 1598. Incendié pendant la Révolution française, il ne reste aujourd’hui que peu de vestiges de sa structure féodale.
Le château passe entre les mains de grandes familles bretonnes, dont les barons de Gaël-Montfort, les Laval, les Rieux, les Coligny et les La Trémoille. Au XVIIe siècle, un manoir de style Renaissance est édifié, puis reconstruit au XIXe siècle par Armand de Charette après les destructions révolutionnaires. Le site est étroitement lié à la légende arthurienne, étant considéré comme le lieu de naissance de la fée Viviane et abritant depuis 1990 le Centre de l’imaginaire arthurien.
L’étymologie du nom « Comper » est débattue : certains la rattachent au breton Kemper (« confluent »), évoquant la rencontre de ruisseaux avec l’étang, tandis que d’autres y voient un lien avec l’ancien français combre (« barrage »), en référence à la digue de l’étang. Le château, entouré de douves et de remparts partiellement conservés, est aujourd’hui un site privé ouvert au public, où se mêlent histoire et mythes.
Parmi les événements marquants, le siège de 1595 oppose les troupes royales de Jean d’Aumont, maréchal de France, aux ligueurs du duc de Mercœur. La mort de Jean d’Aumont, blessé lors du siège, conduit Henri IV à ordonner le démantèlement partiel du château. Au XIXe siècle, Armand de Charette restaure le manoir, qui devient un lieu d’exposition dédié à l’univers arthurien.
Le château de Comper est aussi associé à des légendes locales, comme celle du château de cristal de Merlin, invisible aux yeux des non-croyants, situé au fond de l’étang. Ces récits, popularisés par des auteurs comme Jean Markale, attirent chaque année des visiteurs fascinés par le mystère de Brocéliande. Depuis 1996, le site est classé Monument Historique pour son enceinte, son manoir, sa cour, sa digue et ses douves.