Origine et histoire du Château de Compiègne
Le château de Compiègne, situé dans l’Oise en région Hauts-de-France, est une ancienne résidence royale et impériale, classée monument historique depuis 1994. Avec Fontainebleau, Versailles et les Tuileries, il fut l’un des lieux de pouvoir majeurs du Second Empire, notamment sous Napoléon III et l’impératrice Eugénie, qui y organisèrent les célèbres Séries de Compiègne, des réceptions fastueuses rassemblant l’élite européenne. Son architecture, conçue par Ange-Jacques Gabriel et Louis Le Dreux de La Châtre entre 1751 et 1788, allie sobriété néoclassique et innovations, comme un plan triangulaire adapté au terrain irrégulier.
Le palais succéda à quatre édifices antérieurs, dont un palais mérovingien fréquenté par Clovis Ier et ses successeurs, et un château médiéval construit sous Charles V au XIVe siècle. Louis XV, passionné de chasse, y séjournait régulièrement et lança sa reconstruction au XVIIIe siècle, bien que Louis XVI et la Révolution française en retardèrent l’achèvement. Sous le Premier Empire, Napoléon Ier y reçut Marie-Louise d’Autriche en 1810 et fit rénover les intérieurs dans un style somptueux, mêlant boiseries, bronzes et tissus luxueux.
Le Second Empire marqua l’apogée du château, transformé en lieu de villégiature automnale pour les Séries de Compiègne, où se mêlaient chasse, arts et diplomatie. Napoléon III et Eugénie y accueillirent des souverains européens, comme le tsar Nicolas II en 1901. Le château abritait aussi des musées dédiés au Second Empire, à l’impératrice Eugénie, et un musée national de la Voiture, témoignant de son rôle culturel. Occupé pendant les deux guerres mondiales, il fut restauré et ouvert au public, conservant son mobilier et ses décors d’époque.
Le parc, partiellement conçu par Gabriel et remanié par Berthault en jardin à l’anglaise, inclut des éléments emblématiques comme l’avenue des Beaux-Monts, inspirée de Schönbrunn, et le berceau de l’impératrice, une tonnelle végétale de 1 200 mètres. Classé Jardin remarquable depuis 2004, il complète l’ensemble architectural, reflétant les goûts paysagers des XVIIIe et XIXe siècles.
Le château fut aussi un lieu de pouvoir symbolique : Charles X y séjourna avant son sacre à Reims en 1825, et Louis-Philippe Ier y maria sa fille Louise d’Orléans au roi des Belges en 1832. Après 1870, il devint un domaine national, abritant des expositions et des événements culturels, comme des concerts (Mika en 2011) ou des sommets diplomatiques (rencontre France-Allemagne-Russie en 2006).
Aujourd’hui, le château de Compiègne, administré par le ministère de la Culture, abrite quatre musées (Second Empire, Impératrice, Voiture, Appartements historiques) et un parc classé. Son architecture, ses décors intérieurs (galerie de Bal, appartements impériaux) et son histoire en font un témoignage exceptionnel de la vie de cour française, des Lumières à la Belle Époque.