Frise chronologique
1303
Héritage de Mahaut d'Artois
Héritage de Mahaut d'Artois
1303 (≈ 1303)
Mahaut reçoit l’hôtel de Conflans.
1314-1320
Agrandissement du manoir
Agrandissement du manoir
1314-1320 (≈ 1317)
Mahaut d’Artois fait construire une grande salle.
1568
Acquisition par les Villeroy
Acquisition par les Villeroy
1568 (≈ 1568)
Nicolas III de Villeroy achète le domaine.
1575-1603
Travaux majeurs des Villeroy
Travaux majeurs des Villeroy
1575-1603 (≈ 1589)
Construction de la galerie des Orangers.
1673
Résidence des archevêques
Résidence des archevêques
1673 (≈ 1673)
Achat par François Harlay de Champvallon.
1786
Reconstruction du corps de logis
Reconstruction du corps de logis
1786 (≈ 1786)
Travaux dirigés par Pierre Desmaisons.
1792-1795
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1792-1795 (≈ 1794)
Domaine morcelé après la Révolution.
1967
Destruction finale
Destruction finale
1967 (≈ 1967)
Démolition de l’aile ouest.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Restes, à savoir : portail d'entrée, terrasses et rampes d'escalier avec la fontaine qu'elles encadrent (cad. H 6) : inscription par arrêté du 25 juin 1979
Personnages clés
| Mahaut d'Artois - Comtesse d’Artois |
Propriétaire et agrandit le manoir (1314-1320). |
| Nicolas III de Neufville de Villeroy - Seigneur de Villeroy |
Reconstruit le château au XVIe siècle. |
| François Harlay de Champvallon - Archevêque de Paris |
Acheteur en 1673, en fait sa résidence. |
| André Le Nôtre - Jardinier-paysagiste |
Aménage les jardins et terrasses. |
| Pierre Desmaisons - Architecte |
Reconstruit le corps de logis (1786). |
| Mme de Sévigné - Épistolière célèbre |
Décrit le château dans ses lettres. |
Origine et histoire
Le château de Conflans, aujourd’hui disparu, était situé à Charenton-le-Pont, dans l’actuelle région Île-de-France. Ses origines remontent au Moyen Âge, avec un hôtel appartenant à Robert II, comte d’Artois, hérité par sa fille Mahaut en 1303. Ce manoir médiéval, entouré de murs et de fossés, fut agrandi entre 1314 et 1320, incluant une chapelle. Il passa ensuite aux ducs de Bourgogne, dont Charles le Téméraire, avant d’être abandonné et ruiné au XVe siècle.
Au XVIe siècle, le domaine fut démembré et reconstruit par la famille de Villeroy, transformant le manoir en une somptueuse résidence. Nicolas III de Neufville de Villeroy, dit Legendre, entreprit d’importants travaux entre 1575 et 1603, incluant une galerie des Orangers, des écuries, et un corps de logis central. La galerie haute, décorée de 350 portraits, offrait une vue imprenable sur Paris et la Seine. Henri IV et Ronsard y séjournèrent, et le château devint un lieu de réception fastueux.
Au XVIIe siècle, le château changea plusieurs fois de mains : acquis par Nicolas de Verdun, puis par la marquise de Senecey, gouvernante de Louis XIV, qui y fit peindre un plafond par Eustache Le Sueur. En 1655, le duc de Richelieu en devint propriétaire et y reçut Molière pour une représentation de La Critique de l’école des femmes. En 1673, l’archevêque de Paris, François Harlay de Champvallon, en fit sa résidence d’été. André Le Nôtre y aménagea les jardins, et un moulin hydraulique fut construit pour alimenter les fontaines.
Le château connut son apogée aux XVIIe et XVIIIe siècles comme résidence des archevêques de Paris. Des travaux majeurs furent réalisés, dont la reconstruction du corps de logis central par Pierre Desmaisons en 1786 et l’ajout d’une fabrique de jardin circulaire. Madame de Sévigné et Saint-Simon en vantèrent la beauté. Cependant, après la Révolution, le domaine fut morcelé et vendu comme bien national. Les ailes du château furent progressivement détruites au XIXe et XXe siècles, ne laissant que quelques vestiges comme le portail d’entrée de 1777 et un escalier Renaissance.
Au XIXe siècle, une partie du château servit de séminaire avant d’être démolie en 1926. L’aile ouest, propriété de la famille Hartmann, fut détruite en 1967 pour laisser place à des immeubles résidentiels. Les jardins, transformés en terrains de sport et en ensembles immobiliers, effacèrent presque toute trace du domaine. Aujourd’hui, seuls subsistent le portail rue du Séminaire-de-Conflans et un escalier intégré à un ensemble HBM, témoignages silencieux de ce qui fut l’une des plus belles demeures d’Île-de-France.