Frise chronologique
XIe siècle
Fondation médiévale
Fondation médiévale
XIe siècle (≈ 1150)
Château construit par Dudon de Cons, compagnon de Godefroy de Bouillon.
1572–1575
Reconstruction Renaissance
Reconstruction Renaissance
1572–1575 (≈ 1574)
Façade nord rebâtie par Martin de Custine, dates gravées.
1640
Passage aux Lambertye
Passage aux Lambertye
1640 (≈ 1640)
Mariage Marguerite de Custine – Jean de Lambertye.
1730–1731
Rénovations classiques
Rénovations classiques
1730–1731 (≈ 1731)
Aile ouest et façade sur cour reconstruites.
1760
Reconstruction du prieuré
Reconstruction du prieuré
1760 (≈ 1760)
Œuvre de Laurent-Benoît Dewez, fresques gothiques conservées.
1947 et 1987
Classements MH
Classements MH
1947 et 1987 (≈ 1987)
Inscription puis classement partiel des éléments.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château, sauf parties classées : inscription par arrêté du 11 avril 1947 ; Façades et toitures du château et des communs ; deux tours carrées cantonnant la façade Nord ; pièces suivantes au rez-de-chaussée du château : aile Nord : galerie, salon lambrissé, salle à manger dite des Custine avec sa cheminée, cuisine dite des Custine avec ses deux cheminées, chambre dite des Custine, petite chambre avec sa cheminée ; aile Est : grande salle d'honneur avec son oratoire et sa cheminée, chambre dite des Tapisseries avec sa cheminée ; caves ; terrasses et murs de soutènement ; fossés ; petit bâtiment dit la Thébaïde avec les cariatides ; murs de soutènement du Nord au Sud-Ouest de ce bâtiment (cad. B 62, 63, 233, 234, 701) : classement par arrêté du 11 août 1987
Personnages clés
| Dudon de Cons - Seigneur fondateur (XIe siècle) |
Compagnon de croisade, bâtisseur du château médiéval. |
| Martin de Custine - Seigneur (XVIe siècle) |
Responsable des aménagements Renaissance (1572–1575). |
| Marguerite de Custine - Héritière (1640) |
Épouse Jean de Lambertye, transmet le château. |
| Jean de Lambertye - Gouverneur de Longwy |
Officier limousin, nouveau propriétaire en 1640. |
| Nicolas François de Lambertye - Marquis (XVIIIe siècle) |
Reconstruit partiellement le château (style classique). |
| Laurent-Benoît Dewez - Architecte (1760) |
Reconstruit le prieuré, conserve fresques gothiques. |
Origine et histoire
Le château de Cons-la-Grandville, situé dans le village éponyme en Meurthe-et-Moselle (Grand Est), est un témoignage architectural couvrant du XIe au XVIIIe siècle. Bâti sur un promontoire rocheux, il succède à un château médiéval fondé par Dudon de Cons, compagnon de croisade de Godefroy de Bouillon. Les fondations et parties basses, massives et fortifiées (nord et est), datent de cette époque, tandis que les étages supérieurs, percés de larges fenêtres et surmontés de toits d’ardoise, furent reconstruits à partir de la Renaissance en pierre de Jaumont.
Le site passe aux mains des marquis de Pidancet avant 1640, puis à la famille de Lambertye par le mariage de Marguerite de Custine avec Jean de Lambertye, gouverneur de Longwy nommé par Louis XIII. Les actuels propriétaires descendent directement, par les femmes, des seigneurs du lieu depuis le XIe siècle. Le château actuel doit ses aménagements Renaissance à Martin de Custine (milieu XVIe siècle), tandis que la cour d’honneur, organisée en U avec fronton armorié, reflète le style classique du XVIIIe siècle.
Les remaniements successifs (guerre de Trente Ans, conflits mondiaux) ont marqué l’histoire du château, dont les écuries furent endommagées lors des deux guerres mondiales. Le prieuré bénédictin adjacent, fondé par Dudon de Cons, fut reconstruit en 1760 par l’architecte Laurent-Benoît Dewez, conservant cependant des fresques gothiques du XIVe siècle dans sa crypte. Le parc, réaménagé au XIXe siècle à l’anglaise, abrite des arbres centenaires. Classé partiellement aux monuments historiques depuis 1947, puis en 1987, le château est ouvert au public depuis 1984.
La façade nord, reconstruite à partir de 1572 pour Martin de Custine, porte les dates gravées de 1572 à 1575, ainsi que des traces de restaurations (1688, 1730–1731). L’aile ouest, détruite en 1944, fut partiellement amputée par la suite. Les éléments défensifs initiaux (tour ronde, courtine est) datent du XIIIe siècle, tandis que les intérieurs mêlent plafonds à caissons, cheminées monumentales (comme celle ornée des Amours de Pyrame et Thisbé), et salons lambrissés.
Le toponyme Cons provient du latin cumba (vallée), référant à la géographie locale traversée par la Chiers. La Grandville évoque quant à lui le village médiéval. Le château, symbole de continuité seigneuriale, illustre les transitions architecturales entre Moyen Âge, Renaissance et époque classique, tout en reflétant les tumultes historiques de la Lorraine, marquée par les guerres et les reconstructions.
Depuis 1984, le château et ses communs (grange du XVIIIe siècle, Thébaïde ornée de cariatides) font l’objet de restaurations. Les protections au titre des monuments historiques couvrent les façades, toitures, pièces intérieures (salle d’honneur, chambres des Custine), ainsi que les terrasses, fossés et murs de soutènement. Le site reste un exemple rare de synthèse stylistique, du roman au classique, dans un cadre paysager préservé.