Origine et histoire du Château de Coraboeuf
Le château de Coraboeuf, implanté à Ivry-en-Montagne (Côte-d'Or), trouve ses origines au XIe siècle avec une demeure fortifiée appartenant à la famille de Coraboeuf. Au XVe siècle, après des destructions liées à la guerre de Cent Ans (1430) et aux Écorcheurs, la puissante famille de Salins, proche des ducs de Bourgogne, reconstruit le donjon (1450), les tours d’angle et l’ouvrage d’entrée. Louis XI ordonne en 1478 la destruction des défenses, sans succès. Le château subit un incendie en 1575 pendant les guerres de Religion, puis est reconstruit partiellement à la fin du XVIe siècle, comme en témoignent les dates 1576 et 1587 gravées sur les tours, accompagnées des armoiries de Catherine de Mypont, épouse d’Antoine de Salins.
Au XVIIIe siècle, Jean-Baptiste Richard d’Ivry, écuyer et mousquetaire du roi, acquiert le domaine en 1763 et transforme l’aile est (1763), aménage les jardins et érige ses terres en marquisat en 1775. Son descendant, Nicolas Richard d’Ivry (2e marquis), émigre en 1789 et revient sous le Consulat. Au XIXe siècle, Paul-Désiré Richard d’Ivry, 3e marquis et compositeur, fait remanier l’aile nord en style néo-gothique (1860) par l’architecte Roidot-Errard, avec des décors intérieurs signés Charles Suisse et Xavier Schanosky. Le château, quasi inhabité de 1910 à 1972, est occupé pendant la Seconde Guerre mondiale par des unités françaises, allemandes, puis le maquis.
Depuis 1957, la propriété appartient au baron Gérard Law de Lauriston-Boubers, qui lance entre 1972 et 2003 un programme de restauration. Un arboretum de 64 essences est créé entre 1996 et 2006. Classé monument historique en 1989 (donjon, façades, toitures) et 1999 (aile XIXe), le domaine abrite aujourd’hui des concerts et expositions. Son architecture mêle donjon médiéval (1450), aile est du XVIIIe, aile nord néo-gothique, et un pavillon de chasse néo-classique dans un parc à la française et une terrasse boisée.
Le château conserve des traces de ses propriétaires successifs : armoiries des Salins, de Mypont, Richard d’Ivry, et Law de Lauriston, ainsi que des éléments défensifs (fossé, mâchicoulis, traces de pont-levis). Son histoire reflète les bouleversements politiques et architecturaux de la Bourgogne, des guerres médiévales à la Renaissance, en passant par les réaménagements des Lumières et du romantisme historique.
L’iconographie inclut une représentation par Jean-Baptiste Lallemand (années 1760). Les espaces extérieurs, sur 8 à 10 hectares, comprennent un jardin à la française, une terrasse avec vivier, et un arboretum contemporain. Le donjon, cœur médiéval, abrite des panneaux historiques et une généalogie des familles propriétaires, tandis que l’aile nord expose des portraits des marquis d’Ivry et des décors néo-XVIIe siècle.