Origine et histoire du Château de Corbère
Le château de Corbère, mentionné pour la première fois en 1241 sous le nom castrum et forcia de Corbaria, trouve ses origines probablement au XIIe siècle, bien que des vestiges du Xe siècle aient été identifiés. Il fut agrandi aux XIIIe et XVIe siècles, intégrant partiellement les remparts du village. Ses salles basses voûtées et une margelle de puits du XVe siècle, portant le nom de Bernard d’Oms (seigneur jusqu’en 1474), illustrent son évolution architecturale médiévale.
Au fil des siècles, le château changea de mains : familles de Llupia (1588), de Villanova-Caramanyen (1666), puis de Boisembert (1680), période marquée par des tensions avec les villageois autour des droits seigneuriaux, jusqu’à la Révolution. Au XIXe siècle, il appartint aux de Vilar, avant de tomber en ruine après la Seconde Guerre mondiale. Pillé et abandonné, il fut sauvé en 1970 par l’architecte André Thiébaut, qui entreprit une restauration majeure avec l’aide de l’historien Pierre Ponsich, redonnant vie à ses toitures, charpentes et baies d’origine.
Classé Monument Historique en 1974, le château connut plusieurs propriétaires au XXe siècle, dont un médecin américain qui le rénova à partir de 1995. Mis en vente en 2012, il fut racheté fin 2021 par un couple français pour 3,2 millions d’euros. Son architecture, inspirée des châteaux catalans comme ceux de Castelnou ou Collioure, mêle éléments défensifs (tour barlongue, merlons) et résidentiels, reflétant son double rôle historique.
Les remaniements successifs, notamment aux XIIIe et XVe siècles, ont effacé une partie de ses traces originales, mais le château conserve un caractère médiéval marqué. La cour actuelle, autrefois salle capitulaire non couverte, et l’entrée primitive située près de la grosse tour, témoignent de son organisation spatiale d’origine. Les éléments de défense, hormis les merlons de la tour est, ont aujourd’hui disparu.