Origine et histoire du Château de Cordiron
Le château de Cordiron, situé à Burgille dans le Doubs, apparaît dès 1237 dans un legs d’Étienne II d’Auxonne à son fils Étienne d’Oiselay. Il devient la propriété des seigneurs de Cordiron, une branche de la famille d’Oiselay, jusqu’à son extinction en 1378. La seigneurie passe ensuite aux mains des familles d’Andelot, Ferrière, Balay, puis des Gorrevod, qui en prennent le contrôle à la fin du XVIe siècle avant son intégration au marquisat de Marnay au XVIIe siècle.
En 1584, le château comprend un corps de logis, une grange, une muraille, une tour avec pont-levis et pont gisant, sous la propriété de François de Gorrevod, baron de Salins. Au XVIIIe siècle, la tour est utilisée comme prison par la famille de Bauffremont, héritière des Gorrevod. Au XIXe siècle, le site se dégrade en devenant une exploitation agricole, subissant des dommages liés à l’abandon.
Classé monument historique en 1979 (puis par un arrêté de 2015 incluant la plateforme, le fossé et les vestiges du mur d’enceinte), le château fait l’objet depuis 2001 de campagnes de restauration majeures. La tour carrée (ancien donjon du XIIIe siècle) est restaurée en 2009, avec reconstitution de sa toiture, pose de vitraux et portes en chêne. En 2018, les cheminées gothiques tardives et une partie des murs extérieurs sont également rénovées, préservant ainsi l’un des derniers donjons debout de Franche-Comté.
L’architecture du château mêle des éléments médiévaux (donjon, pont-levis) et Renaissance (logis du XVIe siècle accessible par un escalier à vis). Les traces du pont-levis médiéval restent visibles dans le mur d’enceinte reliant le donjon au corps de logis. Les travaux récents visent à restituer son état d’origine, tout en consolidant les structures menacées, comme la façade sud.
Localisé au centre de l’ancienne localité de Cordiron (aujourd’hui fusionnée avec Burgille depuis 1972), le château se trouve sur la D 149, à l’adresse 1 chemin de la Tour. Son inscription comme monument historique couvre la tour carrée, la porte fortifiée, l’escalier à vis, ainsi que des vestiges du mur d’enceinte et du fossé, répartis sur les parcelles 142, 241 et 254 du cadastre.