Origine et histoire du Château de Cornillon
Le château de Cornillon, situé à Saint-Paul-en-Cornillon (Loire, Auvergne-Rhône-Alpes), trouve ses origines au XIe siècle, lorsque ses premières murailles furent érigées sur un rocher dominant la Loire. Ce site stratégique, contrôlant un méandre du fleuve, fut initialement fortifié par la famille de Beaudiner, puis passa aux Poitiers au XIIIe siècle via le mariage de Luce de Beaudiner avec Guillaume Ier de Poitiers. Les Bastet de Crussol en héritèrent au XIVe siècle avant de le céder aux de Laire, seigneurs foréziens, qui le reconstruisirent partiellement.
Au XVIe siècle, le château entra dans le patrimoine des Lévis-Ventadour par l’union de Suzanne de Laire avec Gilbert II de Lévis en 1538. Vers 1630, il fut vendu à Jean de Fay de Pollin, puis en 1677 au marquis Charles-Achille de Nérestang, dont le fils, Louis-Achille, s’attribua abusivement le titre de duc de Gadagne. Le domaine changea encore de mains au XVIIe siècle : acquis par les Jacquier (secrétaires du roi), il passa par alliance aux Grimod Bénéon de Riverie, avant d’être vendu en 1788 à Clément Palle, dernier seigneur de Cornillon. La Révolution marqua un tournant, avec la vente du château en 1791 à Jean-Amand Bayon, fabricant de rubans, dont la famille le conserva jusqu’en 1885.
Architecturalement, le château médiéval intègre des éléments défensifs (enceinte crénelée, donjon, latrines) et des aménagements Renaissance/XVIIe siècle (escalier en vis à noyau palmier, plafonds à la française, cheminées sculptées). Le site comprend aussi des communs avec forge et colombiers, ainsi qu’un jardin. Classé Monument Historique en 2007, il illustre l’évolution d’une forteresse féodale en résidence seigneuriale, liée à l’histoire des grandes familles foréziennes et vivaroises.
Le bourg de Cornillon, blotti autour du château, forme avec Saint-Paul (dans le méandre de la Loire) une commune marquée par son patrimoine industriel (métallurgie, rubannerie) et son héritage médiéval. Le toponyme Cornillon (du gaulois korn, « lieu élevé ») reflète sa position stratégique. Le site offre aujourd’hui un panorama sur les gorges de la Loire et le Pilat, tout en conservant des traces de son rôle central dans les rivalités seigneuriales entre Forez et Vivarais.
Les sources archéologiques et textuelles (chartes des Beaudiner, archives des Lévis-Ventadour) confirment l’importance du château comme pivot politique et militaire. Les franchises accordées en 1240 par Guillaume Ier de Beaudiner à Saint-Paul et Cornillon, sous l’autorité du comte Guy IV, soulignent son ancrage dans les structures féodales du Forez. La transformation du château au XVIIe siècle, avec ses décors intérieurs (fresques, boiseries), témoigne de l’adaptation des élites locales aux nouvelles normes de confort de l’époque moderne.