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Château de Couëllan à Guitté en Côtes-d'Armor

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château de style Classique

Château de Couëllan

    D25
    22350 Guitté
Propriété privée
Château de Couëllan
Château de Couëllan
Château de Couëllan
Château de Couëllan
Château de Couëllan
Château de Couëllan
Château de Couëllan
Château de Couëllan
Crédit photo : Sylenius - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1603
Mariage fondateur
vers 1620
Construction du château actuel
1748
Extension du pavillon du chapelain
1753
Construction de l’orangerie
1775-1777
Achèvement du logis et aile nord
fin XVIIe siècle
Ajout de la terrasse et jardins
1929
Installation de la grille du Lattay
24 février 1976
Inscription aux Monuments Historiques
fin XIXe siècle
Transformation en parc paysager
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du château et du pavillon qui lui est accolé, de la chapelle et du bâtiment des communs transformé en serres (cad. A 790) : inscription par arrêté du 24 février 1976

Personnages clés

Simon Hay des Nétumières - Commanditaire du château Époux de Madeleine du Boisjean en 1603.
Madeleine du Boisjean - Héritière de Couëllan Transmet le domaine par mariage.
Famille de Saint-Pern - Propriétaire aux XVIIIe-XIXe siècles Responsable des extensions et aménagements.

Origine et histoire

Le château de Couëllan, situé à Guitté dans les Côtes-d’Armor, trouve ses origines au XVe siècle avec un manoir appartenant à la famille de l’Hermine, puis transmis aux Boisjean. Endommagé pendant les guerres de la Ligue, il est reconstruit vers 1620 par Simon Hay des Nétumières, qui épouse en 1603 Madeleine du Boisjean, héritière du domaine. La première campagne de travaux inclut le pavillon sud-ouest, la chapelle, un logement pour le chapelain, et des communs, le tout entouré d’un mur d’enceinte avec pont-levis. Une terrasse et des jardins en terrasses sont ajoutés à la fin du XVIIe siècle, reflétant l’évolution des goûts architecturaux de l’époque.

La seconde phase majeure de construction intervient entre 1775 et 1777, sous la famille de Saint-Pern, avec l’achèvement du corps principal du logis et l’ajout d’une aile en retour d’équerre. En 1748, le pavillon du chapelain est doublé, et une orangerie est édifiée en 1753. Le château subit des transformations paysagères à la fin du XIXe siècle : la cour principale devient un parc, le mur d’enceinte sud est détruit, et le portail est déplacé. En 1929, une grille provenant du château du Lattay à Guenroc est installée à l’entrée du bois. Le monument est partiellement inscrit aux Monuments Historiques en 1976 pour ses façades, toitures, chapelle et communs.

L’architecture du château se distingue par l’utilisation conjointe de granite en pierre de taille et de moellons de schiste, avec des traces d’enduits d’origine. Deux escaliers remarquables illustrent les campagnes de construction : l’un du XVIIe siècle, en pierre avec des voûtes rampantes, et l’autre du XVIIIe siècle, en bois avec une rampe en fer forgé ornée de motifs caractéristiques du début du règne de Louis XVI. Les communs, en moellons et granite, complètent cet ensemble, témoignant de l’organisation spatiale et sociale du domaine à travers les siècles.

Le cadastre de 1836 révèle une organisation complexe des cours et dépendances, avec une avant-cour ouverte sur le chemin de Caulnes, une cour principale fermée par un mur reliant les communs à la chapelle, et une arrière-cour accessible depuis la route. Les transformations du XIXe siècle, notamment la création d’un parterre à la place de l’ancienne cour, modifient profondément l’aspect des abords, tout en préservant l’intégrité des bâtiments principaux. Ces aménagements reflètent l’adaptation du château aux modes de vie et aux esthétiques successives, depuis sa fonction défensive initiale jusqu’à son rôle résidentiel et paysager.

Le château de Couëllan incarne ainsi près de quatre siècles d’histoire architecturale et sociale en Bretagne, marqué par des familles influentes comme les Hay des Nétumières et les Saint-Pern. Son inscription partielle en 1976 souligne la valeur patrimoniale de ses éléments les plus représentatifs, tout en rappelant les adaptations et les pertes subies au fil du temps, comme la disparition du mur d’enceinte ou du bâtiment de l’avant-cour. Les détails architecturaux, tels que les escaliers ou les matériaux, offrent un témoignage précieux des techniques et des styles des XVIIe et XVIIIe siècles.

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