Frise chronologique
1603
Mariage fondateur
Mariage fondateur
1603 (≈ 1603)
Simon Hay des Nétumières épouse Madeleine du Boisjean.
vers 1620
Construction du château actuel
Construction du château actuel
vers 1620 (≈ 1620)
Commandé par Simon Hay des Nétumières.
1748
Extension du pavillon du chapelain
Extension du pavillon du chapelain
1748 (≈ 1748)
Pavillon doublé pour la famille de Saint-Pern.
1753
Construction de l’orangerie
Construction de l’orangerie
1753 (≈ 1753)
Date portée sur le bâtiment.
1775-1777
Achèvement du logis et aile nord
Achèvement du logis et aile nord
1775-1777 (≈ 1776)
Travaux pour la famille de Saint-Pern.
fin XVIIe siècle
Ajout de la terrasse et jardins
Ajout de la terrasse et jardins
fin XVIIe siècle (≈ 1795)
Aménagements paysagers à l’est du logis.
1929
Installation de la grille du Lattay
Installation de la grille du Lattay
1929 (≈ 1929)
À l’entrée du bois de Couëllan.
24 février 1976
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
24 février 1976 (≈ 1976)
Protection partielle des façades et toitures.
fin XIXe siècle
Transformation en parc paysager
Transformation en parc paysager
fin XIXe siècle (≈ 1995)
Ancienne cour principale modifiée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du château et du pavillon qui lui est accolé, de la chapelle et du bâtiment des communs transformé en serres (cad. A 790) : inscription par arrêté du 24 février 1976
Personnages clés
| Simon Hay des Nétumières - Commanditaire du château |
Époux de Madeleine du Boisjean en 1603. |
| Madeleine du Boisjean - Héritière de Couëllan |
Transmet le domaine par mariage. |
| Famille de Saint-Pern - Propriétaire aux XVIIIe-XIXe siècles |
Responsable des extensions et aménagements. |
Origine et histoire
Le château de Couëllan, situé à Guitté dans les Côtes-d’Armor, trouve ses origines au XVe siècle avec un manoir appartenant à la famille de l’Hermine, puis transmis aux Boisjean. Endommagé pendant les guerres de la Ligue, il est reconstruit vers 1620 par Simon Hay des Nétumières, qui épouse en 1603 Madeleine du Boisjean, héritière du domaine. La première campagne de travaux inclut le pavillon sud-ouest, la chapelle, un logement pour le chapelain, et des communs, le tout entouré d’un mur d’enceinte avec pont-levis. Une terrasse et des jardins en terrasses sont ajoutés à la fin du XVIIe siècle, reflétant l’évolution des goûts architecturaux de l’époque.
La seconde phase majeure de construction intervient entre 1775 et 1777, sous la famille de Saint-Pern, avec l’achèvement du corps principal du logis et l’ajout d’une aile en retour d’équerre. En 1748, le pavillon du chapelain est doublé, et une orangerie est édifiée en 1753. Le château subit des transformations paysagères à la fin du XIXe siècle : la cour principale devient un parc, le mur d’enceinte sud est détruit, et le portail est déplacé. En 1929, une grille provenant du château du Lattay à Guenroc est installée à l’entrée du bois. Le monument est partiellement inscrit aux Monuments Historiques en 1976 pour ses façades, toitures, chapelle et communs.
L’architecture du château se distingue par l’utilisation conjointe de granite en pierre de taille et de moellons de schiste, avec des traces d’enduits d’origine. Deux escaliers remarquables illustrent les campagnes de construction : l’un du XVIIe siècle, en pierre avec des voûtes rampantes, et l’autre du XVIIIe siècle, en bois avec une rampe en fer forgé ornée de motifs caractéristiques du début du règne de Louis XVI. Les communs, en moellons et granite, complètent cet ensemble, témoignant de l’organisation spatiale et sociale du domaine à travers les siècles.
Le cadastre de 1836 révèle une organisation complexe des cours et dépendances, avec une avant-cour ouverte sur le chemin de Caulnes, une cour principale fermée par un mur reliant les communs à la chapelle, et une arrière-cour accessible depuis la route. Les transformations du XIXe siècle, notamment la création d’un parterre à la place de l’ancienne cour, modifient profondément l’aspect des abords, tout en préservant l’intégrité des bâtiments principaux. Ces aménagements reflètent l’adaptation du château aux modes de vie et aux esthétiques successives, depuis sa fonction défensive initiale jusqu’à son rôle résidentiel et paysager.
Le château de Couëllan incarne ainsi près de quatre siècles d’histoire architecturale et sociale en Bretagne, marqué par des familles influentes comme les Hay des Nétumières et les Saint-Pern. Son inscription partielle en 1976 souligne la valeur patrimoniale de ses éléments les plus représentatifs, tout en rappelant les adaptations et les pertes subies au fil du temps, comme la disparition du mur d’enceinte ou du bâtiment de l’avant-cour. Les détails architecturaux, tels que les escaliers ou les matériaux, offrent un témoignage précieux des techniques et des styles des XVIIe et XVIIIe siècles.