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Château de Courcelles-lès-Gisors dans l'Oise

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château fort
Oise

Château de Courcelles-lès-Gisors

    1 Rue de Boury
    60240 Courcelles-lès-Gisors
Château de Courcelles-lès-Gisors
Château de Courcelles-lès-Gisors
Château de Courcelles-lès-Gisors
Château de Courcelles-lès-Gisors
Château de Courcelles-lès-Gisors
Crédit photo : Chatsam - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1700
1800
1900
2000
1087
Pillage du Vexin
1098
Construction du château
vers 1098
Construction du château
1198
Bataille de Courcelles
27 septembre 1198
Prise par Richard Cœur de Lion
XVIIe siècle
Démantèlement partiel
1974
Inscription du site du Vexin
1998
Classement Monument Historique
24 septembre 1998
Inscription des ruines
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le donjon, sa chemise et les sols archéologiques (cad. AC 215) : inscription par arrêté du 24 septembre 1998

Personnages clés

Richard Cœur de Lion - Roi d’Angleterre Prit le château en 1198.
Philippe Auguste - Roi de France Affronta Richard pour Gisors.
Drogon (ou Dreux) - Seigneur de Courcelles (1150) Cité pour des exactions locales
Philippe de Courcelles - Grand-échanson du roi (XVe siècle) Possédait plusieurs seigneuries vexinoises
Cardinal Mazarin - Ministre de Louis XIV Ordonna le démantèlement partiel
Guillaume le Conquérant - Duc de Normandie et roi d’Angleterre Responsable du pillage de 1087.
Roi de France (anonyme) - Commanditaire du château Ordre de construction vers 1098.

Origine et histoire

Le château de Courcelles-lès-Gisors fut construit vers 1098 dans le cadre d’une ligne défensive ordonnée par le roi de France après le pillage du Vexin par Guillaume le Conquérant en 1087. Composé d’un donjon quadrangulaire et d’une chemise fortifiée, il marquait la frontière entre le Vexin français et le Vexin normand. Ses ruines, encore visibles aujourd’hui, dominent la vallée de l’Epte et témoignent de son importance stratégique.

En 1198, le château entra dans l’histoire lors de sa prise par Richard Cœur de Lion, qui cherchait à reconquérir la forteresse voisine de Gisors, alors contrôlée par Philippe Auguste. Cette attaque déclencha la bataille de Courcelles, où Richard mit en déroute les troupes françaises, forçant Philippe II à se replier vers Gisors. Une trêve fut ensuite conclue entre les deux souverains. Les vestiges actuels, dont un mur du donjon et des parties de l’enceinte, furent partiellement démantelés pendant les guerres de la Fronde au XVIIe siècle sur ordre du cardinal Mazarin.

Le site est classé aux monuments historiques depuis 1998 pour ses éléments défensifs (donjon, chemise et sols archéologiques). Il est inclus dans le périmètre de protection de l’église voisine, elle-même inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. La région du Vexin, à laquelle appartient Courcelles-lès-Gisors, est également protégée depuis 1974 pour son patrimoine paysager et historique.

Les fouilles et études archéologiques révèlent que le château était un point clé des tensions entre Capétiens et Plantagenêts. Son architecture, typique des forteresses médiévales, avec un donjon massif et une enceinte rectangulaire, reflète les techniques militaires de l’époque. Les droits seigneuriaux, comme la banalité (taxes sur le pain, le vin et le cidre), furent à l’origine de conflits répétés entre les seigneurs de Courcelles et les habitants, comme en témoignent les archives de l’Ancien Régime.

Parmi les seigneurs connus, Drogon (ou Dreux) est cité en 1150 pour des exactions à Vaudancourt, tandis qu’Enguerrand, homme d’armes, apparaît en 1260. Au XVe siècle, Philippe de Courcelles, grand-échanson du roi, possédait de nombreuses seigneuries dans le Vexin. Ces figures illustrent l’importance locale de la seigneurie, liée aux dynamiques politiques et militaires de la région.

Le château est aujourd’hui propriété d’une association et accessible au public. Ses ruines, associées à l’église du XIIe–XVIe siècle et aux lavoirs voisins, forment un ensemble patrimonial remarquable. La tradition locale évoque aussi un parc dessiné par André Le Nôtre pour un seigneur des lieux, bien que seul un corps de ferme subsiste aujourd’hui.

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