Origine et histoire du Château de Coustaussa
Le château de Coustaussa, situé dans l’actuel département de l’Aude, trouve ses origines au XIIe siècle sous l’impulsion de Raymond Ier Trencavel, vicomte de Carcassonne, qui y érige un castrum en 1157 pour protéger la vallée de la Sals. Occupé dès 730 par les Wisigoths, le site devient un village médiéval fortifié, Villam quae vocatur Constantium, avant d’être conquis en 1170 par Alphonse II d’Aragon après la prise de Rennes-le-Château. Le château, alors sous commandement de Pierre de Villar, joue un rôle stratégique dans les tensions régionales.
Pendant la croisade des Albigeois (1209–1229), le château, rallié à la cause cathare, est pris en 1210 par Simon de Montfort. Les habitants fuient via un souterrain menant vers Blanchefort, mais la rébellion de 1211 entraîne un massacre : Montfort, après sa victoire à Castelnaudary, revient à Coustaussa, détruit le village, endommage le château et spolie son seigneur. Le domaine est alors cédé à la famille de Montesquieu de Sault, alliée des croisés, puis à Pierre de Voisins, lieutenant de Montfort.
Au XVIe siècle, le château fort est remanié en résidence Renaissance, perdurant jusqu’à la Révolution. Vendu en 1803 à un marchand de biens, il est dépouillé de ses charpentes en 1819, accélérant sa ruine par la récupération de matériaux. Classé monument historique en 1948, ses vestiges — double enceinte, tours carrées, échauguette et logis seigneurial — font aujourd’hui l’objet d’un projet de sauvegarde. Le site reste accessible aux visiteurs.
L’architecture du château révèle son évolution défensive : une double enceinte avec poterne au nord et passage voûté au sud, quatre tours carrées et une échauguette circulaire. Le logis central, servant aussi de donjon, était protégé par des lices et une porte surélevée. Une tour ajoutée à la fin du XIIIe siècle renforce la défense côté nord, illustrant les adaptations face aux conflits médiévaux.