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Château de Cramahé à Salles-sur-Mer en Charente-Maritime

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château

Château de Cramahé

    Château de Cramahé
    17220 Salles-sur-Mer
Propriété privée

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1518
Érection en fief
1539
Confirmation du fief
1685
Départ des Chasteigner
1714
Partage du domaine
1739
Vente à Gayot de Mascrany
1753
Reconstruction du château
1764
Transmission au fils Gayot
1807-1828
Changements de propriétaires
23 février 1925
Classement partiel
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Portail de la cour ; façades : inscription par arrêté du 23 février 1925

Personnages clés

Pierre Chasteigner - Premier seigneur de Cramahé Maire de La Rochelle, anobli en 1518.
Roc Chasteigner - Dernier Chasteigner propriétaire Émigre après 1685.
Henriette-Céleste de Béjarry - Héritière du domaine Épouse Green de Saint-Marsault en 1714.
Jean-Baptiste Gayot de Mascrany - Reconstructeur du château Commande les plans en 1753.
Samuel Lemit - Entrepreneur-architecte Conçoit le nouveau logis en 1753.
Marie-Suzanne-Joséphine Harouard - Dernière propriétaire notable Héritière en 1828, armes sur façade.

Origine et histoire

Le château de Cramahé trouve ses origines en 1518, lorsque la duchesse de Longueville érige la terre en fief pour Pierre Chasteigner, maire protestant de La Rochelle. Ce fief, confirmé en 1539, reste dans la famille Chasteigner jusqu’à la révocation de l’édit de Nantes (1685), quand Roc Chasteigner émigre. Le domaine passe alors à des collatéraux, puis à Henriette-Céleste de Béjarry, mariée à Pierre-Louis Green de Saint-Marsault, avant d’être cédé en 1739 à Jean-Baptiste Gayot de Mascrany, major d’Oléron.

En 1753, Gayot de Mascrany fait raser l’ancien logis, jugé vétuste, et commande à l’entrepreneur Samuel Lemit un nouveau château, plus moderne. Le domaine, incluant vignes, bois et terres labourables, est transmis en 1764 à son fils, Joachim-François-Bernard-Paul Gayot. Après plusieurs ventes successives (1807 à Garros, 1811 à la famille Harouard), il échoit en 1828 à Marie-Suzanne-Joséphine Harouard, dont les armes familiales ornent encore la façade.

Le portail et les façades du château, représentatifs de l’architecture civile du XVIIIe siècle en Aunis, sont protégés au titre des monuments historiques depuis le 23 février 1925. Le domaine, autrefois étendu sur 159 hectares (vignes, marais, bois), illustre l’évolution des élites locales, entre noblesse protestante, officiers royaux et propriétaires terriens post-révolutionnaires.

L’histoire du château reflète les bouleversements religieux et politiques de la région : de l’anoblissement d’une famille huguenote (Chasteigner) à son déclin après 1685, puis à la reconversion du domaine par des familles catholiques (Green, Gayot, Harouard). Les éléments architecturaux conservés, comme la grille d’entrée ou les blasons sculptés, témoignent de ces transitions.

Les sources du XIXe siècle (Chasseboeuf, Colle) soulignent son rôle dans le paysage rural de Saintonge, entre exploitation agricole et résidence seigneuriale. Aujourd’hui, le château, toujours situé au nord-ouest du bourg de Salles-sur-Mer, reste un exemple marqué de l’adaptation des élites locales aux changements économiques et sociaux entre Ancien Régime et époque moderne.

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