Origine et histoire du Château de Crampagna
Le château de Crampagna, implanté sur un piton rocheux stratégique, fut occupé dès l’époque romaine. Sa tour carrée du XIIIe siècle, construite en pierres de Vernajoul, servait de poste de guet pour les cousins du comte de Foix. Le site offrait une vue dominante sur la vallée de l’Ariège, renforçant son rôle défensif.
Au XIVe siècle, le château s’enrichit d’un bloc rectangulaire orné de fenêtres gothiques (semi-circulaire au sud, trilobée au nord), abritant une chapelle aux nervures sculptées. La famille de Roquefort, puis les Comminges, en devinrent propriétaires jusqu’au XVIIe siècle, période marquée par des conflits violents. Raimond de Comminges, seigneur brigand, fut condamné en 1614, entraînant la vente du domaine à François de Minut, dont la veuve épousa Marc-Antoine de Galard-Terraube.
Les guerres de Religion laissèrent des traces profondes : le château fut pris en 1585 par le protestant Audou (Jean-Claude de Lévis-Léran), puis repris après 107 coups de canon en 1586. Les combats se poursuivirent jusqu’en 1588, ciblant notamment le clergé. Au XVIIIe siècle, Catherine de Roquépine y ajouta une aile en moellons, avec des ouvertures Renaissance et des voûtes cintrées, marquant l’évolution vers une résidence seigneuriale.
Classé Monument Historique en 1977 (façades et toitures) puis en 2015 (intégralité), le château passa entre les mains de familles influentes, comme les Galard-Terraube jusqu’à la Révolution. Devenu bien national après l’émigration d’Antonin Galard aux États-Unis, il fut acquis par l’ingénieur Stanislas Proszynski, puis par son fils, le sculpteur Henri Proszynski. Depuis 1996, la famille Chanchevrier en est propriétaire.
Aujourd’hui propriété privée visitable sur réservation, le château conserve des éléments défensifs (tour donjon, cachot, gargouille) et des traces des différentes époques, des mâchicoulis médiévaux aux salles Renaissance. Ses archives, conservées à Pau, témoignent de son histoire mouvementée, liée aux conflits religieux et aux dynasties locales.