Frise chronologique
XIIe–XIIIe siècle
Construction de la tour d'angle
Construction de la tour d'angle
XIIe–XIIIe siècle (≈ 1350)
Tour défensive primitive, future colombier.
1423
Incendie pendant la guerre de Cent Ans
Incendie pendant la guerre de Cent Ans
1423 (≈ 1423)
Attaque anglaise et destruction partielle.
1474
Restauration par René Fresneau
Restauration par René Fresneau
1474 (≈ 1474)
Style début Renaissance ajouté au château.
1633
Fin de l'habitation seigneuriale
Fin de l'habitation seigneuriale
1633 (≈ 1633)
Début du déclin par métayage.
1734
Achat par les jésuites de La Flèche
Achat par les jésuites de La Flèche
1734 (≈ 1734)
Construction du logis classique en 1750.
1792
Vente révolutionnaire
Vente révolutionnaire
1792 (≈ 1792)
Passage aux familles locales (Lambron).
1892
Rachat par Paul d’Estournelles de Constant
Rachat par Paul d’Estournelles de Constant
1892 (≈ 1892)
Restauration et préservation actuelle.
30 décembre 1905
Classement monument historique
Classement monument historique
30 décembre 1905 (≈ 1905)
Protection officielle du château et dépendances.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château de Créans et ses dépendances (chapelle, douves, tour) : classement par arrêté du 30 décembre 1905
Personnages clés
| René Fresneau de Créans - Seigneur et restaurateur (XVe siècle) |
Transforma le château en style Renaissance. |
| Princesse Alexandrine de Bourbon - Ancienne propriétaire (1734) |
Vendit le château aux jésuites. |
| Paul d’Estournelles de Constant - Propriétaire-restaurateur (1892) |
Sauvegardait le domaine jusqu’à aujourd’hui. |
| Henri Laffillée - Architecte (début XXe siècle) |
Restaura le châtelet et son décor. |
Origine et histoire
Le château de Créans, situé à Clermont-Créans dans la Sarthe, trouve ses origines au XVe siècle, bien qu’une tour d’angle datée des XIIe–XIIIe siècles subsiste encore. Construit pour contrôler le trafic fluvial sur le Loir, il s’organisait autour d’un bourg incluant un prieuré et l’église Saint-Symphorien, desservie par les moines du Mont-Saint-Michel. Ce site stratégique fut le théâtre d’un incendie en 1423 pendant la guerre de Cent Ans, lorsque les Anglais attaquèrent et détruisirent partiellement le château.
En 1474, René Fresneau de Créans entreprit une restauration majeure, ajoutant des éléments de style début Renaissance comme des lucarnes et des fenêtres à meneaux. Le château resta habité par ses seigneurs jusqu’en 1633, avant d’être laissé en métayage, ce qui accéléra sa dégradation. En 1734, la princesse Alexandrine de Bourbon le vendit aux jésuites du Collège royal de La Flèche, qui y construisirent un corps de logis classique en 1750 pour en faire une maison de repos. La Révolution (1792) entraîna sa vente à des familles locales, dont les Lambron des Piltières, qui conservèrent le logis du XVIIIe siècle mais détruisirent ses ailes.
Au XIXe siècle, Paul d’Estournelles de Constant racheta et restaura le château, préservant des vestiges médiévaux comme la tour-colombier et la porterie. Classé monument historique en 1905, le domaine conserve aujourd’hui des traces de ses phases médiévale, Renaissance et classique. Son architecture mêle une tour d’angle massive du Moyen Âge, un châtelet remanié au XVe siècle (avec canonnières du XVIe), et un logis du XVIIIe. Les fossés, alimentés par le Loir, soulignent son implantation stratégique.
Parmi les éléments remarquables, la tour-colombier illustre la réutilisation des structures défensives : ses archères médiévales furent conservées, tandis que son intérieur fut divisé en deux niveaux au XVe siècle. Le châtelet, restauré au début du XXe siècle par l’architecte Henri Laffillée, arbore un décor sculpté majoritairement moderne, à l’exception de mascarons potentiellement médiévaux. Le site, toujours propriété des descendants de Paul d’Estournelles de Constant, témoigne de près de neuf siècles d’histoire, entre conflits, adaptations architecturales et préservation patrimoniale.