Frise chronologique
vers 1200
Construction du premier édifice
Construction du premier édifice
vers 1200 (≈ 1200)
Guillaume Turpin érige une forteresse défensive.
1308
Souterrain daté
Souterrain daté
1308 (≈ 1308)
Linteau en bois analysé par dendrochronologie.
1350
Extensions médiévales
Extensions médiévales
1350 (≈ 1350)
Corps de bâtiment en appentis conservés.
1408–1411
Début du logis actuel
Début du logis actuel
1408–1411 (≈ 1410)
Campagne de construction post-guerre de Cent Ans.
1495–1496
Reconstruction par Jacques Turpin
Reconstruction par Jacques Turpin
1495–1496 (≈ 1496)
Façade nord et grande salle aménagées.
1507–1510
Chapelle et galerie voûtée
Chapelle et galerie voûtée
1507–1510 (≈ 1509)
Dernières constructions avant abandon des travaux.
1632
Fin de la seigneurie Turpin
Fin de la seigneurie Turpin
1632 (≈ 1632)
Saisie par Michel d’Évrard après décret.
1995
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1995 (≈ 1995)
Inscription des bâtiments et dépendances.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Bâtiments suivants constituant le château et les dépendances : corps de logis et galerie basse ; chapelle ; vestiges de l'enceinte, y compris la tour commandant l'accès ouest ; communs constitués de deux ailes en L et portion de mur y attenant ; parcelles C 3, 4, 185 à 191, 195, 196 : inscription par arrêté du 7 septembre 1995
Personnages clés
| Guillaume Turpin - Seigneur et fondateur |
Constructeur de la première forteresse (XIIIe s.). |
| Jacques Turpin - Reconstructeur du logis |
Responsable des travaux de 1495–1496. |
| Michel d’Évrard - Nouveau seigneur en 1632 |
Acquiert la terre après saisie. |
| César-Gabriel de Choiseul - Duc de Praslin |
Seigneur de Crissay au XVIIIe siècle. |
Origine et histoire
Le château de Crissay, situé dans le village médiéval de Crissay-sur-Manse (Indre-et-Loire), trouve ses origines au XIIIe siècle avec la famille Turpin, originaire du Vendômois. Un premier édifice défensif fut construit vers 1200 par Guillaume Turpin, suivi d’extensions au XIVe siècle (vers 1350) avec des bâtiments en appentis et un souterrain daté de 1308. Ces structures, aujourd’hui appelées communs, furent modifiées aux XVIe et XVIIIe siècles, notamment par l’ajout d’une tour d’escalier et de baies inachevées.
La reconstruction majeure intervint à la fin du XVe siècle (vers 1495–1496), initiée par Jacques Turpin après les destructions de la guerre de Cent Ans. Le logis actuel, en pierre de taille avec une grande salle aux poutres peintes en sang de bœuf, fut érigé sur les fondations d’une ancienne forteresse. Une chapelle seigneuriale du XIe siècle et un donjon du XIIIe subsistent, tandis qu’un projet d’extension à l’est resta inachevé. La chapelle, transformée en grange avant la Révolution, et le logis, converti en ferme au XVIIe siècle, illustrent l’abandon progressif du site.
Le château présente des dispositions architecturales archaïques pour son époque, comme une galerie voûtée d’ogives (1507) reliant le logis à l’enceinte ouest, ou des cheminées monumentales jamais utilisées. Les analyses dendrochronologiques révèlent des campagnes de construction entre 1408 et 1510, avec des traces de modifications aux XVIe et XVIIIe siècles. Classé Monument Historique en 1995, l’édifice conserve des éléments rares : huisseries d’origine, plafond à soliveaux en tuffeau, et souterrains-refuges creusés dans la roche.
La seigneurie de Crissay, initialement propriété de l’abbaye de Cormery (IXe siècle), passa aux mains des Turpin jusqu’en 1632, date de sa saisie par Michel d’Évrard. Les Beauvau puis les Choiseul (dont César-Gabriel de Choiseul, 1er duc de Praslin) en devinrent seigneurs aux XVIIe–XVIIIe siècles. Le village, classé parmi Les Plus Beaux Villages de France, conserve aussi des maisons des XVe–XVIe siècles et une église de 1527, témoignant de son importance passée.
Le site, inclus dans le parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine, est vulnérable aux feux de forêt (risque maximal) et au retrait-gonflement des sols argileux. Les vestiges du château, avec leurs fossés taillés dans le tuffeau et leurs galeries souterraines, dominent la vallée de la Manse, un affluent de la Vienne classé en deuxième catégorie piscicole. L’ensemble, bien que partiellement en ruines, offre un exemple remarquable d’architecture militaire et seigneuriale en Touraine.