Frise chronologique
1152
Premier acte mentionnant les Crussol
Premier acte mentionnant les Crussol
1152 (≈ 1152)
Aldebert, Guillaume et Gérold Bastet témoins.
Début XIIe siècle
Construction du château en pierre
Construction du château en pierre
Début XIIe siècle (≈ 1204)
Rebâti par Gérold Bastet après incendie.
1300
Rattachement du Vivarais à la France
Rattachement du Vivarais à la France
1300 (≈ 1300)
Intégration au royaume sous Philippe le Bel.
Fin XVe siècle
Abandon pour le château de Charmes
Abandon pour le château de Charmes
Fin XVe siècle (≈ 1595)
Mariage unissant Crussol et Uzès.
1629
Démantèlement ordonné par Louis XIII
Démantèlement ordonné par Louis XIII
1629 (≈ 1629)
Fin des guerres de Religion.
3 octobre 1855
Destruction partielle par explosion
Destruction partielle par explosion
3 octobre 1855 (≈ 1855)
Mine dans la carrière sous-jacente.
31 mai 1927
Classement monument historique
Classement monument historique
31 mai 1927 (≈ 1927)
Inscription des ruines à l’inventaire.
1984
Achat par Guilherand-Granges
Achat par Guilherand-Granges
1984 (≈ 1984)
Malgré localisation à Saint-Péray.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château de Crussol (ruines) (cad. AM 197) : inscription par arrêté du 31 mai 1927
Personnages clés
| Gérold Bastet - Seigneur et reconstructeur |
Rebâtit le château en pierre au XIIe. |
| Aldebert de Crussol - Ancien propriétaire |
Dernier membre de la première lignée. |
| Guillaume de Crussol - Co-seigneur avec Aldebert |
Témoin dans l’acte de 1152. |
| Jacques Ier de Crussol - Uniteur des familles |
Mariage avec la maison d’Uzès. |
| Louis XIII - Roi de France |
Ordonne le démantèlement en 1629. |
Origine et histoire
Le château de Crussol est une forteresse médiévale édifiée au début du XIIe siècle sur la commune de Saint-Péray, en Ardèche. Construit sur un éperon rocheux à plus de 200 mètres de hauteur, il surplombe la vallée du Rhône et la ville de Valence, contrôlant un axe fluvial historique et une voie du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le site, ceint de remparts et s’étendant sur 3 hectares, inclut un bourg fortifié (« la Villette ») et une tour emblématique. Classé Natura 2000, il abrite une faune et une flore protégées, dont 40 espèces d’orchidées et des rapaces méditerranéens.
Le premier château, mentionné dans un cartulaire du XIIe siècle, était un donjon en bois entouré d’une palissade. Reconstruit en pierre par Gérold Bastet après un incendie, il servait à surveiller la route commerciale reliant la Méditerranée à l’Europe du Nord. Gérold, ancêtre de la famille de Crussol, avait hérité du site par mariage avec les héritiers d’Aldebert et Guillaume de Crussol, cités dans un acte de 1152. Le Vivarais, rattaché à la couronne de France en 1300, voit le château abandonné au XVe siècle au profit du château de Charmes, plus confortable.
Les guerres de Religion redonnent temporairement de l’importance à Crussol, pris et incendié à plusieurs reprises. En 1629, Louis XIII ordonne son démantèlement pour pacifier la région. Le site subit ensuite des dégâts collatéraux : effondrement partiel en 1855 dû à une explosion en carrière, destruction d’une échauguette par la foudre en 1952, et un éboulement en 2014. Classé monument historique en 1927, ses ruines sont aujourd’hui propriété de la commune de Guilherand-Granges, bien que situées sur Saint-Péray. Le site accueille des événements culturels, comme le Crussol Festival (depuis 2017), mêlant musique et écologie, et une fête médiévale annuelle.
La montagne de Crussol, occupée depuis l’Antiquité, abritait un temple romain dédié à Mars. Au Ve siècle, un premier ensemble fortifié au sud est abandonné pour le site actuel. Le château, symbole du pouvoir seigneurial des Crussol, voit son déclin accéléré par l’abandon progressif au profit de résidences plus modernes. La communauté de communes Rhône-Crussol œuvre à sa réhabilitation, tout en préservant son écosystème exceptionnel, protégé par la loi française.
Le site, classé parmi les 18 sites naturels remarquables de l’Ardèche, allie patrimoine historique et naturel. Ses pelouses steppiques, ses chênaies et ses éboulis calcaires abritent 7 espèces d’oiseaux et 19 animaux protégés. Les ruines, ouvertes au public, offrent un panorama sur la plaine rhodanienne et témoignent de l’architecture défensive médiévale, avec son donjon, ses remparts et son bourg intra-muros où vivaient artisans et commerçants.