Origine et histoire du Château de Crussol
Le château de Crussol est une forteresse médiévale édifiée au début du XIIe siècle sur la commune de Saint-Péray, en Ardèche. Construit sur un éperon rocheux à plus de 200 mètres de hauteur, il surplombe la vallée du Rhône et la ville de Valence, contrôlant un axe fluvial historique et une voie du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le site, ceint de remparts et s’étendant sur 3 hectares, inclut un bourg fortifié (« la Villette ») et une tour emblématique. Classé Natura 2000, il abrite une faune et une flore protégées, dont 40 espèces d’orchidées et des rapaces méditerranéens.
Le premier château, mentionné dans un cartulaire du XIIe siècle, était un donjon en bois entouré d’une palissade. Reconstruit en pierre par Gérold Bastet après un incendie, il servait à surveiller la route commerciale reliant la Méditerranée à l’Europe du Nord. Gérold, ancêtre de la famille de Crussol, avait hérité du site par mariage avec les héritiers d’Aldebert et Guillaume de Crussol, cités dans un acte de 1152. Le Vivarais, rattaché à la couronne de France en 1300, voit le château abandonné au XVe siècle au profit du château de Charmes, plus confortable.
Les guerres de Religion redonnent temporairement de l’importance à Crussol, pris et incendié à plusieurs reprises. En 1629, Louis XIII ordonne son démantèlement pour pacifier la région. Le site subit ensuite des dégâts collatéraux : effondrement partiel en 1855 dû à une explosion en carrière, destruction d’une échauguette par la foudre en 1952, et un éboulement en 2014. Classé monument historique en 1927, ses ruines sont aujourd’hui propriété de la commune de Guilherand-Granges, bien que situées sur Saint-Péray. Le site accueille des événements culturels, comme le Crussol Festival (depuis 2017), mêlant musique et écologie, et une fête médiévale annuelle.
La montagne de Crussol, occupée depuis l’Antiquité, abritait un temple romain dédié à Mars. Au Ve siècle, un premier ensemble fortifié au sud est abandonné pour le site actuel. Le château, symbole du pouvoir seigneurial des Crussol, voit son déclin accéléré par l’abandon progressif au profit de résidences plus modernes. La communauté de communes Rhône-Crussol œuvre à sa réhabilitation, tout en préservant son écosystème exceptionnel, protégé par la loi française.
Le site, classé parmi les 18 sites naturels remarquables de l’Ardèche, allie patrimoine historique et naturel. Ses pelouses steppiques, ses chênaies et ses éboulis calcaires abritent 7 espèces d’oiseaux et 19 animaux protégés. Les ruines, ouvertes au public, offrent un panorama sur la plaine rhodanienne et témoignent de l’architecture défensive médiévale, avec son donjon, ses remparts et son bourg intra-muros où vivaient artisans et commerçants.