Château de Cruzille en Saône-et-Loire

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château de style Classique

Château de Cruzille

  • Château de Cruzille
  • 71260 Cruzille
Château de Cruzille
Château de Cruzille
Château de Cruzille
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Château de Cruzille
Château de Cruzille
Château de Cruzille
Château de Cruzille
Crédit photo : DRANER71 - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIe siècle
Construction initiale
XIIIe siècle
Premières mentions historiques
Fin du XVIe siècle
Dommages lors des guerres
1789
Dégâts lors de la Révolution
1944
Rôle pendant la Seconde Guerre mondiale
1946
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château (cad. NON CADASTRE) : inscription par arrêté du 9 décembre 1946

Personnages clés

Poncet de Lugny Seigneur de Cruzille ayant prêté hommage au duc de Bourgogne en 1277.
Jean de Nanton Sire de Cruzille mentionné en 1366.
Georges de Bauffremont Comte de Cruzille ayant subi des sièges lors des guerres de Religion.
Claude Rochat Commandant de l'Armée secrète ayant utilisé le château comme poste de commandement en 1944.
Louise Courtin Propriétaire du château arrêtée et fusillée en 1944 pour faits de collaboration.

Origine et histoire du Château de Cruzille

Le château de Cruzille, situé sur un éperon à Cruzille (Saône-et-Loire), domine le village et une petite vallée de son élégante silhouette. Le château primitif formait un quadrilatère cantonné de tours rondes, alors pourvues de créneaux, dont les noms conservés sont la tour de Bourgogne, la tour du Colombier et la tour des Archives — l'une d'elles ayant disparu et laissant place à une tour dite carrée. L'aile orientale subsiste, flanquée de deux tours rondes, tandis que l'aile occidentale et la tour sud-ouest ont sans doute été détruites lors des combats de la fin du XVIe siècle. La tour nord-est, ainsi qu'une partie du corps de bâtiment, repose sur une base talutée, et l'aile septentrionale, entre cette tour et une troisième découronnée, a beaucoup souffert mais conserve un bel escalier en pierres à volées droites et un portail en plein cintre. Les seigneurs de Cruzille n'y firent généralement que de brefs séjours ; les Nanton préféraient le château de Nobles, les Beauffremont celui de Sennecey et les Montrevel avaient d'autres possessions. Une allée bordée de tilleuls, autrefois propriété du château, conduisait en ligne droite à l'église où subsiste la chapelle seigneuriale. Une des plus anciennes représentations connues est un dessin de 1845 par Rousselot, inspecteur des Forêts, conservé à l'Académie de Mâcon. Propriété privée, le château ne se visite pas. Le château, ses terrasses et leurs abords sont inscrits au titre des monuments historiques depuis le 9 décembre 1946. La seigneurie de Cruzille a appartenu successivement aux familles de Lugny, de Nanton, de Saillans, de Saulx-Tavannes et de La Baume-Montrevel. La première mention du chastel et maison forte de Creusilles remonte à 1262 ; en 1277 Poncet de Lugny se qualifie seigneur de Cruzille en prêtant hommage au duc de Bourgogne, et au XIVe siècle Jean de Nanton s'intitule sire de Cruzille, avec une mention d'un château en 1366 sous Ardouin de Nanton. Par successions et ventes, la seigneurie passa ensuite aux maisons de Saillant puis, au milieu du XVIe siècle, par mariage aux Bauffremont ; la terre fut érigée en comté pour Georges de Bauffremont, qui, après avoir semé la terreur pendant les guerres de Religion et s'étant rallié à Henri IV, dut subir deux sièges et vit son château fortement endommagé. En septembre 1589, Cruzille, tenu pour le roi par Georges-Épaminondas de Beauffremont, fut attaqué par des soldats de la Ligue ; après un assaut coûteux en vies, l'artillerie fit deux brèches permettant la pénétration des assaillants, et la garnison fut massivement massacrée ; la place fut reprise ensuite par les troupes royales, reprise encore par la Ligue en 1592, puis occupée définitivement par les troupes royales en 1594. Au XVIIe siècle la terre fut vendue à Anne de Saulx, puis, au milieu du siècle, elle échoit à Claire-Françoise de Saulx-Tavannes qui, avec la famille de La Baume, fit restaurer le château et aménager des terrasses. En 1789 le seigneur était Florent-Alexandre-Melchior de La Baume ; la seigneurie comprenait alors le château, bois, vignes, prés et terres pour une superficie totale de 145 hectares, et le 29 juillet 1789 des "Brigands" vinrent briser portes et fenêtres du château vide et détruisirent la balustrade sculptée de l'escalier. Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, la propriété passa par héritages et ventes successives entre les familles de La Baume, de Lannoy, de Tulle de Villefranche, Chamborre, Porcher, Barriard, puis fut la propriété en 1904 de madame veuve Abeille, née Alice Barriard, avant d'être achetée dans les années trente par Louise Courtin. À la fin juin 1944 le château abrita le poste de commandement de l'Armée secrète pour la Saône-et-Loire sous le commandant Claude Rochat ; la propriétaire Louise Courtin fut arrêtée le 24 juin et fusillée le 28 juin pour faits de collaboration. En juillet 1944 le château accueillit le tribunal des Forces françaises de l'intérieur, le comité départemental de libération et une prison ; près de 300 dossiers y furent instruits, conduisant à 102 procès et à 27 condamnations à mort exécutées. Vendue en 1949 par les héritiers de madame Abeille, la propriété fut transformée en établissement pour enfants souffrant de troubles respiratoires, évoluant ensuite en école de plein air puis en école avec internat à partir de 1957. En 1957 la Fédération des œuvres laïques y créa un institut médico-pédagogique pour enfants déficients intellectuels légers et moyens, et en 1970, géré par la Mutualité française Saône-et-Loire, le site devint un établissement spécialisé accueillant diverses structures (IME, ITEP...) et agréé pour 105 internes. À la rentrée 1989 l'établissement fut restructuré en trois services autonomes : un institut médico-pédagogique de 35 places, un centre de rééducation de 30 places pour enfants présentant des troubles de conduite et de comportement, et un SESSAD de 10 places intervenant en milieu familial. Le château fut également le cadre de spectacles son et lumière à plusieurs reprises dans les années 1980, notamment en juin 1986 ("Cruzille à travers les âges") devant 2 500 spectateurs, puis en 1987 et 1989 sous l'égide d'associations locales. Conformément à ses volontés, les cendres de Claude Rochat furent dispersées au pied de la forteresse en 2010, et le 2 juillet 2011 deux plaques commémoratives furent dévoilées, l'une sous le porche et l'autre près du lieu de dispersion.

Liens externes