Origine et histoire du Château de Dampierre-sur-Boutonne
Le château de Dampierre-sur-Boutonne, situé dans le village éponyme en Charente-Maritime, est un monument emblématique des XVe, XVIe et XVIIe siècles. Classé Monument Historique en 1926, il se distingue par son architecture Renaissance, influencée par l’Italie, et ses deux îles entourées par la Boutonne. Son histoire est marquée par des transformations majeures, notamment l’ajout de galeries à l’italienne au XVIe siècle par Jeanne de Vivonne, ainsi que des destructions et restaurations successives.
À l’origine, un château primitif existait sur le tertre actuel de l’église romane, avant que François de Clermont, de retour des guerres d’Italie, ne construise au XVe siècle l’édifice Renaissance. La famille Clermont-Tonnerre en fut propriétaire jusqu’en 1598. La galerie supérieure, ornée de 93 caissons sculptés aux symboles alchimiques et emblèmes royaux, fut ajoutée entre 1545 et 1550 par Jeanne de Vivonne, sœur de La Châtaigneraye. Ce décor rare, associé à Henri II et Diane de Poitiers, en fait un lieu unique en France.
Le château connut des épisodes violents, comme le siège protestant de 1586 ou sa prise par Condé en 1587. Vendu en 1599 à David Fourré, il subit des modifications avant d’être acquis en 1752 par le marquis de Gallifet. Pendant la Révolution, il fut pillé et vendu comme bien national. Au XIXe siècle, la famille Rabault-Texier-Hédelin entreprit sa restauration, recréant les jardins Renaissance et redonnant vie à ce site insulaire. Un incendie en 2002 détruisit la charpente, mais le château, toujours ouvert au public, continue d’accueillir expositions et événements culturels.
L’architecture mêle éléments médiévaux (tours à mâchicoulis) et Renaissance (galeries superposées, caissons sculptés). La façade, sobre, s’ouvre sur une cour accessible par un pont. Les jardins, recréés dans l’esprit de la Renaissance, s’inspirent des caissons de la galerie, avec des parcours mythologiques et un labyrinthe évoquant le cycle arthurien. La galerie alchimique, étudiée par Fulcanelli, et les vestiges archéologiques des îles en font un site à la fois historique et symbolique.
Aujourd’hui, le château abrite des collections de mobilier, des œuvres d’art (dont des créations de Ghislaine Escande inspirées par l’incendie de 2002), et un espace dédié à Salvador Dalí. Les visites permettent de découvrir les intérieurs meublés, la charpente restaurée, et les jardins de Diktynna, nom inspiré de la duchesse de Retz, figure des salons littéraires du XVIe siècle. L’association des Amis du Château organise régulièrement des concerts et expositions, perpétuant son rayonnement culturel.