Origine et histoire du Château de Demigny
Le château de Demigny, situé dans la commune éponyme en Saône-et-Loire, occupe une terrasse dominant le village. À l’origine, une forteresse médiévale en quadrilatère flanquée de tours occupait les lieux, servant de poste de guet pour les habitants. Ce château primitif, décrit dans un dénombrement de 1752 par Louis de Foudras, fut rasé pendant la Révolution française. Son emplacement abrite encore des dépendances du XVIIIe siècle, dont un pressoir à roue daté de 1777, témoins des remaniements tardifs de l’ancienne structure féodale.
En 1805, Alexandre-Henri de Foudras et son épouse Marie-Antoinette de Schlegenberg firent construire une nouvelle demeure de style Directoire, à une soixantaine de mètres de l’emplacement originel. Ce château actuel, classé monument historique, se distingue par son corps de logis rectangulaire flanqué de pavillons, un escalier intérieur en fer forgé orné de leurs initiales, et un parc paysager dessiné au XIXe siècle. Les façades, toitures, et le pressoir ont été protégés par deux arrêts de classement, en 1983 et 2002, tandis que le domaine abrite aujourd’hui un musée dédié à la chasse et à l’œuvre du Marquis de Foudras.
L’histoire du château est marquée par des successions de familles nobles : des Vacheret (XIIIe siècle) aux Vienne, Malain, puis Foissy qui unifient la seigneurie en 1603. Au XVIIe siècle, le domaine passe aux d’Andelot, puis aux Foudras par mariage en 1669. Alexandre-Henri de Foudras, malgré son émigration pendant la Révolution, conserva le domaine et initia sa reconstruction. Son fils, Théodore de Foudras (1803–1839), écrivain cynégétique renommé, acheva les aménagements intérieurs et paysagers avant de vendre le château à M. Brémond en 1839. Le domaine appartint ensuite à l’orientaliste Émile Guimet (1853) puis à la comtesse de Malibran-Santibanez.
Le château, toujours propriété privée, ouvre ses portes au public pour des visites centrées sur son musée de la chasse et de la vénerie. Parmi ses éléments remarquables, la grille d’entrée et ses piliers, la façade nord, et l’escalier à rampe en fer forgé (portant le monogramme de Marie-Antoinette de Schlegenberg) sont inscrits depuis 1983. Le parc, incluant une ancienne chapelle à pans de bois construite sur les caves du château primitif, complète cet ensemble patrimonial bourguignon.