Origine et histoire du Château de Demptézieu
Le château de Demptézieu, implanté dans le hameau du même nom à Saint-Savin (Isère), trouve ses origines au XIIe siècle, bien que des traces suggèrent une fondation antérieure, peut-être dès le XIe siècle. À l’origine, il s’agissait d’une puissante forteresse féodale dotée d’une quinzaine de tours reliées par une enceinte de 800 mètres, défendue par des fossés profonds. Aujourd’hui, il n’en subsiste qu’une aile avec une tour, vestige de cette architecture médiévale imposante.
Au Moyen Âge, le château change plusieurs fois de mains et subit des transformations majeures. Dès 1075, Hugues de Demptézieu en est le premier châtelain connu, lié à la famille de Beauvoir. Au XIIIe siècle, des droits sur le château sont cédés à Pierre de Savoie, frère du comte Amédée IV, dans le cadre des tensions delphino-savoyardes. En 1314, le traité de Villard-Benoît scelle son transfert au Dauphin Jean II, aux côtés des places fortes de Montrevel et Meyssieu. Le site est ensuite mentionné dans le testament du dauphin Humbert II en 1343, puis passe entre les mains de la famille Alleman à la fin du XVe siècle.
Les XVe et XVIe siècles marquent une phase de remaniement architectural, avec l’ajout d’un corps de logis rectangulaire et d’une tourelle hexagonale richement décorée, typique de la Renaissance. La tour subsistante, peut-être l’ancien donjon, conserve des archères et un escalier à vis du XVe siècle, classé monument historique en 1954. Le château, propriété communale depuis 1904, est aujourd’hui en cours de restauration (2019), après avoir été partiellement vendu par le dernier seigneur, Laurent Marguerite de Vallin, à l’époque révolutionnaire.
Son nom, attesté sous les formes Dentesiaci (XIIIe siècle) ou Denteysiaci (XIVe siècle), reflète son ancrage médiéval. Le site, stratégique entre Bourgoin-Jallieu et Crémieu, fut aussi lié à des enjeux routiers : en 1455, le futur Louis XI ordonne des travaux sur la voie Bourgoin-Crémieu, impliquant Jean Bovet, un habitant de Demptézieu. La forteresse, symbole du pouvoir seigneurial, décline avec la fin de la féodalité, avant de devenir un patrimoine communal protégé.