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Château de Dieulouard en Meurthe-et-Moselle

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château fort

Château de Dieulouard

  • 5 Rue de la Fontaine
  • 54380 Dieulouard
Château de Dieulouard
Château de Dieulouard
Château de Dieulouard
Château de Dieulouard
Crédit photo : Avvincent - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
54380 Dieulouard, 5 Rue de la Fontaine

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
997
Construction initiale
1028
Première mention écrite
XIVe siècle
Forteresse imposante
1660
Démantèlement partiel
1927
Inscription MH
années 1970
Réhabilitation
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château (restes) (cad. H 313) : inscription par arrêté du 19 janvier 1927

Personnages clés

Adalbéron II - Évêque de Metz (984–1005) Fonda le château en 997.
Conrad II le Salique - Empereur germanique (1024–1039) Mentionne le château en 1028.
Charles le Téméraire - Duc de Bourgogne (1467–1477) Assiégea la forteresse au XVe siècle.

Origine et histoire du Château de Dieulouard

Le château de Dieulouard, appelé au Moyen Âge « Deus lou wart » (« Dieu le garde » en lorrain), fut érigé vers 997 par Adalbéron II, évêque de Metz, pour abriter les habitants d’un nouveau bourg établi près des ruines de Scarpone, ancienne cité gallo-romaine détruite par Attila au Ve siècle. Ce site stratégique, traversé par la voie romaine Lyon-Trèves, abritait déjà un castrum tardif (IVe siècle), précurseur de la forteresse médiévale. Le château, mentionné pour la première fois en 1028 dans des lettres patentes de l’empereur Conrad II le Salique, devint un poste clé pour contrôler le commerce fluvial sur la Moselle et servir de prévôté évéchoise en terre lorraine.

Au fil des siècles, la forteresse subît de nombreux sièges et destructions, notamment par les Messins (XIIe siècle), Charles le Téméraire (XVe siècle), et les Huguenots. Reconstruit à plusieurs reprises, il adopta au XIVe siècle une structure défensive imposante : une façade rectiligne de 100 mètres, une enceinte polygonale flanquée de sept tours circulaires et d’une tour carrée, des murailles crénelées de 20 mètres de haut, et un pont à bascule. Ces aménagements, partiellement remaniés au XVIe siècle, en firent une place forte majeure, intégrée au tissu urbain avec des maisons adossées à ses remparts.

En 1660, le château fut « écrêté » et rendu inoffensif, avant d’être vendu comme bien national pendant la Révolution. Divisé en lots, il abritait alors une quinzaine de familles qui percèrent de nouvelles ouvertures et aménagèrent des jardins. Sa réhabilitation débuta dans les années 1970, avec la restauration du logis épiscopal et la création d’un musée gallo-romain (Musée des Amis du Vieux Pays), exposant des artefacts de Scarpone — comme des bornes milliaires des empereurs Hadrien et Postumus — et une collection de verres de la Renaissance. Aujourd’hui, le monument, inscrit aux Monuments Historiques depuis 1927, témoigne de près de mille ans d’histoire, des origines gallo-romaines à son rôle de sentinelle épiscopale en Lorraine.

Le site s’inscrit dans un contexte historique plus large : héritier de la Scarpone antique, il illustre la transition entre l’Antiquité tardive et le Moyen Âge, marqué par les invasions barbares (Alamans, Huns) et la recomposition du pouvoir local autour des évêques. La forteresse fut aussi un enjeu des conflits entre Messins, comtes de Vaudémont, et duché de Lorraine, reflétant les tensions politiques et religieuses de la région jusqu’à l’époque moderne.

Liens externes

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