Origine et histoire du Château de Dompierre-sur-Authie
Le château de Dompierre-sur-Authie, situé dans la vallée de l'Authie au nord-ouest de la Somme, fut initialement cédé en 1415 par Philippe d'Auxy, sénéchal de Ponthieu, à sa sœur Catherine d'Auxy, épouse de David de Rambures. Leur fils André en hérita, mais c'est Jacques de Rambures qui fit construire vers 1455 la massive tour de défense encore visible aujourd’hui. Louis XI, en 1463, le qualifia de « bel et fort beau », bien qu’il ait subi des dommages lors des conflits avec Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Le château, positionné à la frontière nord du royaume, jouait un rôle stratégique de protection.
En 1554, le château fut incendié par les troupes impériales. À cette époque, la tour, dépourvue de toiture, était entourée de fossés alimentés par l’Authie et accompagnée d’un bâtiment rectangulaire flanqué d’une tour. Les vestiges actuels montrent un soubassement en grès, des murs de 2,20 m d’épaisseur, et des canonnières à croisillon. Les salles d’artillerie, non voûtées, étaient percées de meurtrières pour un tir rasant, tandis qu’un chemin de ronde équipé de bretèches complétait le dispositif défensif.
Au XVIIe siècle, en 1627, Charles de Rambures transforma partiellement le château : il fit détruire la partie occidentale tout en conservant la tour médiévale, à laquelle il adjoignit un nouveau bâtiment rectangulaire en brique et pierre. La tour, symbole de cette histoire mouvementée, fut classée monument historique par arrêté du 18 mai 1926. Aujourd’hui, elle témoigne de l’architecture militaire des XVe et XVIIe siècles, entre héritage médiéval et adaptations Renaissance.
Le château illustre aussi l’histoire de la famille de Rambures, profondément ancrée dans la région. Son emplacement dans la vallée de l’Authie, zone de tensions entre royaumes de France et duchés voisins, en fit un point névralgique pendant les guerres de la fin du Moyen Âge. Les fossés, aujourd’hui comblés, rappellent son rôle de forteresse insérée dans un réseau défensif plus large, où l’eau et la pierre se combinaient pour résister aux assiégeants.