Origine et histoire du Château de Dracy-Saint-Loup
Le château de Dracy-Saint-Loup, situé dans la plaine entre l'Arroux et la Drée en Saône-et-Loire, fut construit en deux phases majeures, démarrées en 1619 et 1622, sous la direction de l'architecte Jacques Lemercier. Aujourd’hui, il ne subsiste qu’un pavillon très dégradé, deux bâtiments latéraux, et le portail d’entrée. L’ensemble était autrefois ceint de fossés en forme de bastions, avec un pont de pierre menant à la cour fermée par un mur. Le corps central et un second pavillon ont aujourd’hui disparu.
À l’origine, le domaine appartenait aux seigneurs de Noyers au XIIIe siècle, avant de passer par mariage à Jean Ier de Vergy, puis à Pierre d’Ostun. En 1377, Guy de La Trémoille, chambellan du roi de France, en devint propriétaire et fit restaurer la vieille maison forte. Au XVIe siècle, Étienne de Romans et son épouse Antoinette de Charamande y résidèrent, comme en témoigne un acte notarié de 1529. Le château actuel fut commandé au XVIIe siècle par Pierre Jeannin, puis achevé par son gendre Pierre de Castille, ambassadeur de France, qui agrandit le domaine avec des jardins.
Au XVIIIe siècle, le château fut converti en exploitation agricole par la famille Talleyrand. Classé monument historique en avril 2011, il reste une propriété privée et ne se visite pas. Les éléments protégés incluent l’aile nord, les communs, le portail, et l’enceinte, avec des vestiges de carrelage et de cheminées d’origine. L’architecture sobre, marquée par des baies à meneaux et des enduits intérieurs, reflète son usage passé.
Les sources historiques mentionnent également des liens avec le château de Montjeu, dont la succession des propriétaires coïncide avec celle de Dracy-Saint-Loup à partir du XVIIe siècle. Les Annales historiques de 1885 détaillent la généalogie des Romans, famille noble bourguignonne liée au duché. Le site conserve une cheminée monumentale à ailerons, typique de l’époque, ainsi que des traces des fossés défensifs.
Aujourd’hui, le château illustre l’évolution des résidences seigneuriales en Bourgogne, passant de forteresse médiévale à demeure Renaissance, puis à exploitation rurale. Son inscription aux monuments historiques vise à préserver ces vestiges, témoins des transformations architecturales et sociales de la région depuis le Moyen Âge.